Le renouveau de l’attaque d’Arsenal

Pourquoi Arsenal marque autant de buts ? Non, la réponse n’est pas « Parce qu’Olivier Giroud ne joue pas. »

Lors de la saison 2015/2016,  Arsenal a été vivement critiqué pour son incapacité à marquer des buts. Le jeu de passes des Gunners était toujours aussi bon mais ne débouchait que sur peu de buts. On se souvient du match nul (0-0) face à Southampton en février dernier, où Arsenal n’arrivait pas à concrétiser ses multiples occasions.
Avec 65 buts inscrits en Premier League, le bilan d’Arsenal n’était pas catastrophique mais moins élevé que les années précédentes. Le ratio était donc de 1.7 buts marqués par match. Au-delà des chiffres, c’était vraiment cette perception d’un tiki-taka interminable autour de la surface adverse qui posait problème.

Pour la saison 2016/2017, les choses semblent différentes. Après 8 journées de championnat, Arsenal a inscrit 19 buts, soit un ratio de 2.4 buts par match. La qualité des adversaires peut sembler être en partie responsable de ce nombre de buts prolifiques. Pourtant lors de ces 8 matchs, Arsenal a affronté Liverpool, Leicester et ses deux bêtes noires : Chelsea et Swansea. Loin d’être des clubs de seconde zone. Avant d’entamer la prochaine journée de Premier League, Arsenal est co-leader de la meilleure attaque avec Manchester City. En Ligue des Champions et en League Cup, Arsenal a inscrit 13 buts en 4 matchs, et encaissé seulement un but.

 

L’apport d’Iwobi

Passé de grand espoir du club à titulaire indiscutable, Alex Iwobi est un des grands artisans de la bonne forme des Gunners depuis mars dernier. Arsenal n’a en effet perdu qu’un seul match en 7 mois. C’était face à Liverpool avec une équipe largement décimée et un début de saison post-Euro.
Iwobi fait du bien à Arsenal sur con côté gauche. Habile balle au pied, jouant rapidement avec 1 ou 2 touches de balle, percutant quand il le faut, Iwobi est presque parfait sur son aile gauche. A contrario, Alexis est un ailier plus traditionnel. Son jeu était fait de récupérations et de remontés de balle le long de la ligne de touche, avec une fâcheuse tendance à repiquer dans l’axe pour marquer. Force est de constater que le chilien a quand même réussi à inscrire bon nombre de buts. Cependant, sa tendance à ne pas lâcher le ballon et à tenter des dribbles l’a souvent poussé à perdre la balle ou à ralentir le jeu.
Avec les blessures de Giroud et Welbeck, Alexis a été repositionné en pointe. Iwobi occupe donc l’aile gauche du chilien. Le Nigerian joue un jeu simple mais terriblement efficace qui permet aux Gunners de marquer plus souvent. La différence avec Oxlade-Chamberlain est très visible. L’anglais cherche à jouer comme Alexis, sauf qu’il n’a ni le même talent ni sa capacité à éliminer des joueurs.

 

 

 

Une construction tactique simple mais efficace

Lorsque Monreal récupère la balle, immédiatement se met en place un jeu en triangle entre Iwobi, Cazorla et Ozil sur le côté gauche. Monreal peut rester plus bas pour défendre ou monter et dédoubler avec Iwobi pour apporter un surnombre devant. Avec un taux de passes réussies de plus de 87%, la qualité de passes d’Iwobi ne laisse aucun doute, surtout pour un ailier.

Là où Alexis et Oxlade-Chamberlain s’enferment sur leur aile gauche, tentant de percer en solitaire la défense adverse, Iwobi tente beaucoup plus de construire avec ses partenaires. Il n’hésite pas à créer des espaces et a donné rapidement la balle à ses coéquipiers pour créer du mouvement.
Ainsi, tout le jeu d’Arsenal penche à gauche et les défenseurs et milieux de terrain adverses  sont aspirés sur leur aile droite.

Oxlade-Chamberlain reste isolé sur
son couloir gauchewp-1476954945079.jpg

Iwobi construit avec ses coéquipiers et
déplace le jeu sur le côté gauchewp-1476954972249.jpg

Quant à Alexis, il compense son petit physique par une activité incessante et n’hésite pas à dézoner. Le marquage des défenseurs adverses est alors plus compliqué. Au final, des espaces se créer et plusieurs joueurs peuvent se retrouver rapidement en position de marquer. En 8 matchs, Arsenal a inscrit 19 buts par l’intermédiaire de 8 buteurs différents ! Alexis et Ozil comptent à eux deux 7 buts. Walcott quant à lui, est le meilleur buteur du club avec 5 buts. Mais comment notre bon vieux Theo peut marquer autant de buts si le tout le jeu des Gunners se fait à gauche ? Pire, il a même réussi à faire 2 passes décisives.

 

Walcott – Bellerin : Le duo offensif

Alors que la construction du jeu se fait principalement à gauche et au milieu, Walcott et Bellerin se retrouvent avec un couloir droit plutôt déserté. Derrière, Bellerin n’a plus trop à se soucier de sa couverture défensive puisque Mertesacker et sa lenteur sont maintenant bien au chaud à l’infirmerie. Mustafi couvrant parfaitement les éventuelles contre-attaques et débordements adverses, aidé par Coquelin ou Xhaka. La vitesse de l’espagnol lui permet en plus de pouvoir revenir rapidement défendre. Autre joueur rapide, le revenant Walcott qui est positionné en ailier droit.

L’aile droite est donc devenue une arme offensive redoutable. La majorité des joueurs adverses étant occupés sur leur aile droite avec Cazorla, Ozil et Iwobi, le duo Walcott-Bellerin se retrouve dans un couloir presque désert où ils peuvent dédoubler, et déborder dans le dos de la défense. Là, Ozil ou Iwobi peuvent renverser le jeu et leur offrir des bons ballons dans la profondeur. Alexis n’est pas en reste puisqu’en dézonant il peut se retrouver vers le rond central et récupérer le ballon pour renverser le jeu à droite. Il ne reste plus au duo qu’à centrer pour Alexis ou Ozil, ou à tirer s’ils sont dans une bonne position de frappe.

Un autre cas rencontré est quand Walcott se positionne en numéro 9. Le chilien peut dézoner, attirer les défenseurs avec lui et laisser le champ libre à Walcott. Ajoutez à cela un peu de confiance et de réussite, alors une bonne partie des tentatives finissent au fond des filets.

Exemple d’action face au FC Bâle

Vidéo complète de plusieurs exemples

Une fois mené, les adversaires jouent plus haut pour tenter de revenir au score. Le trident offensif, Iwobi-Walcott-Alexis peut alors procéder en contre grâce à leur rapidité.

Ci-dessous, le positionnement des joueurs face à Burnley. Face à une équipe plus faible, Bellerin (24) joue presque aussi haut qu’Iwobi (17). Walcott profite des espaces pour repiquer au centre. Derrière, Mustafi (20), Koscielny (6), et Monreal (18) gèrent tranquillement les attaques adverses, et peuvent compter sur Xhaka (29) pour stopper les attaques plus haut.

burnley

Ci-dessous, le positionnement des joueurs face à Chelsea. 46% des attaques des Blues provenaient du côté gauche avec Hazard, d’où un positionnement plus bas de Bellerin et Walcott. Derrière, Koscielny reste plus bas et laisse Mustafi monter pour venir en soutien du duo Bellerin-Walcott. Monreal en profite pour monter plus haut dans son couloir et combiner avec Iwobi, Ozil et Cazorla.

chelsea

Tirs de loin et coups de pieds arrêtés

Si l’on veut marquer des buts, le seul moyen est de tenter des frappes. Et à ce jeu, Arsenal a souvent eu du mal à décrocher des tirs à plus de 10m des cages adverses.
Cette saison les joueurs semblent moins brider et tentent plus de frappes de loin. Évidemment, le but de Xhaka face à Hull City avec sa frappe de 30m en est l’exemple même. Mais tous les joueurs offensifs sont concernés. Et si le but de Xhaka est le seul inscrit en dehors de la surface de réparation, les tentatives en dehors et dans la surface sont nombreuses. Face à Ludogorets, Walcott ne s’est pas gêné pour sortir une énorme frappe en dehors de la surface.

Outre le fait de tirer de loin, et de tenter plus de frappes. Arsenal a aussi marqué 6 buts sur 19 sur coups de pieds arrêtés (2 penalties, 1 coup franc, 3 corners.) Sur l’ensemble de la saison dernière, Arsenal n’avait inscrit que 14 buts sur coups de pied arrêtés en Premier League. Alors s’il est encore tôt pour juger d’un véritable changement sur coup de pied arrêté, on constate que les Gunners sont bien plus efficace que la saison dernière dans ce domaine.

 

Avec ce début de saison tonitruant, tous les espoirs sont permis pour Arsenal. La véritable variable à prendre en compte sont les éventuelles blessures qui arriveront comme chaque année en novembre et décembre. Sans ces blessures et avec ce schéma de jeu alléchant, Arsenal peut se permettre de voir les choses en grand. Une autre question se pose : où va jouer Giroud ? Pas sûr que le français retrouve un temps de jeu aussi conséquent que les saisons précédentes.

#Ben

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