Arsenal, la panne sèche

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Une équipe entre méforme, problèmes tactiques et blessures

Arsenal a observé le retour d’Abou Diaby lors de la pré-saison. Le Français qui était en perdition en raison de blessures récurrentes a réussi à faire son retour et sa forme de pré-saison laissait augurer de bonnes choses pour lui et le club. En effet, après deux matches de mise_ en jambe_ face à Stoke City et Sunderland, Diaby a retrouvé sa vitesse de croisière et étincelé face à Liverpool puis face à Southampton et Manchester City. Aux côtés d’Arteta repositionné en milieu défensif, le français s’est régalé apportant toute sa vista, sa percussion, ainsi que de la profondeur et de la fluidité au jeu des Gunners. Son impact physique au milieu, sa capacité à récupérer des ballons ont grandement aidé Mikel Arteta dans son nouveau rôle, permettant à l’Espagnol de ressortir proprement le ballon et d’offrir un point d’encrage au milieu pour lancer les attaques. Ajouté à la paire Arteta-Cazorla qui s’est naturellement créée, et dont Arsenal est trop dépendant aujourd’hui, Abou Diaby apportait une autre solution au milieu et ajoutait une autre possibilité de création de jeu pour Arsenal. Ce qui n’est plus le cas depuis sa blessure avant d’affronter Chelsea. En effet, avec Abou Diaby, Arsenal était invaincu en 5 matches de championnat et possédait la meilleure défense du championnat. Mais depuis sa blessure, Arsenal en est à 4 défaites, 3 nuls et 3 victoires poussives en 10 matches. Son absence se fait d’autant plus ressentir que Diaby n’est plus là pour soulager physiquement un Arteta sur les rotules qui n’a pas la caisse d’un vrai milieu défensif, obligeant Cazorla à participer à l’effort défensif et demandant plus d’efforts à un Wilshere loin de son meilleur niveau après 15 mois d’absence.

En plus de l’absence préjudiciable de Diaby qui a déréglé l’équipe, c’est tout le collectif qui est devenu inefficace. La relation Arteta-Cazorla est une évidence, donc couper la relation entre les deux Espagnols revient à neutraliser le jeu collectif d’Arsenal trop dépendant de cette relation depuis l’absence de Diaby. Le repositionnement de Mikel Arteta en milieu défensif ne peut fonctionner que s’il dispose à côté de lui d’un milieu capable de perforer les lignes adverses. Ce qui n’est pas le cas de Wilshere depuis son retour puisqu’il joue trop haut pour venir soulager et aider son vice-capitaine. Laisser Arteta sans perforateur revient à neutraliser le jeu d’Arsenal car l’Espagnol aura tendance à jouer latéralement plutôt qu’en avançant.

Sur les ailes, Arsène Wenger a positionné Lukas Podolski et Theo Walcott, qui ont tout deux envie d’évoluer à la pointe de l’attaque. Cela a pour effet de voir les deux ailiers repiquer systématiquement vers le centre et de délaisser les ailes. Ces ailes justement qui sont à la base du jeu d’Arsenal, permettant d’écarter les défenses et de trouver des espaces. Podolski lui même peut être une énigme car depuis le début de saison, il est transparent. Parfois auteur de fulgurance comme face à Montpellier mais dans le jeu à proprement parlé, il n’est pas dans le moule. Sur son côté gauche, il n’a pas la vivacité d’un ailier ni la technique pour tenter de partir en dribble. Sa position préférentielle est plutôt comme second attaquant. Avec l’apport de Giroud, ce dernier pourrait libérer l’espace pour l’Allemand et enfin voir son efficacité. Santi Cazorla, étincelant en meneur de jeu en début de saison éprouve plus de difficultés désormais. En effet, son poste de prédilection est ailier droit (tout comme Gervinho et Theo Walcott).

Peut être le plus inquiétant, c’est l’impression que donnent les joueurs. Ils ne semblent plus avoir la même envie, il n’y a plus cette flamme, cette impression que l’équipe est capable de faire mieux. L’absence de réaction des joueurs face à la défaite, l’absence d’obsession de la victoire de leur part est peut être la source des problèmes d’Arsenal. L’absence de mouvement, l’absence de prise de risque sont le fléau pour le jeu des Gunners. La saison actuelle est simplement la conséquence de la saison dernière sans Robin van Persie et sans Alex Song. La saison dernière était déjà similaire à celle-ci sauf qu’Arsenal avait un tueur devant. Les seuls mouvements réellement surprenant venaient de Song avec sa spéciale pour Van Persie et qui apportait plus de verticalité dans le jeu d’Arsenal. Car, le jeu d’Arsenal n’est pas un jeu à la Barcelonaise mais un jeu beaucoup plus direct. Le but étant d’arriver au but adverse en un minimum de passes. La semaine dernière, la fatigue évidente de certains cadres a eu pour résultat, un panne sèche de l’équipe.

Le problème n’est pas seulement tactique ou un problème de poste, le problème vient aussi de la méforme de certains joueurs. L’exemple parfait est celui du capitaine, Thomas Vermaelen, à la rue depuis le début de saison, auteur d’erreurs impardonnables et inhabituelles de sa part. Laurent Koscielny, qui a réalisé une excellente saison 2011-2012, peine à continuer sur sa lancée. Sa nouvelle blessure ne va probablement pas l’aider à retrouver son niveau de l’année passé. Au milieu, les Arteta et Cazorla sont déjà sur les rotules ce qui est inquiétant pour la suite de la saison. Ramsey, lui, reste toujours inconstant, toujours bien placé, apportant le danger mais toujours inefficace. Coquelin, le remplaçant attitré d’Arteta et véritable milieu défensif semble manquer d’expérience. Quant à Wilshere, il revient de 17 mois d’absence, donc il est encore loin d’être à 100% de ses capacités. Devant, Gervinho est toujours fantomatique alternant mauvais choix et dribble raté, Podolski ne s’est toujours pas adapté à la Premier League. Theo Walcott, malgré son statut de meilleur buteur du club, est toujours aussi inconstant. La révélation de la saison dernière Alex Oxlade-Chamberlain peine à confirmer mais il est encore très jeune. Pour finir, Giroud est toujours en phase d’adaptation au championnat anglais.

Un staff remis en question

Selon les dires de certains proches du club, cette méforme et ces blessures à répétition seraient dus à un des membres du staff, Tony Colbert. En effet, il aurait tendance à en demander beaucoup trop aux joueurs et notamment ceux qui reviennent de blessures. Par exemple, Wilshere qui appréciait Colbert pendant sa première saison, est en froid avec lui depuis sa blessure pour cette raison. Abou Diaby dispose de son préparateur personnel afin d’éviter les successions de blessures. Après le départ à la retraite de Pat Rice, il y eu une lutte interne entre Robin van Persie et Arsène Wenger sur le nom du nouvel entraineur adjoint. Le Néerlandais, lui, souhaitait quelqu’un d’extérieur au club, capable de dire non à Arsène Wenger. Le refus catégorique d’Arsène Wenger à ce sujet (sans en être l’unique raison, il souhaitait aussi imposer certaines recrues) a abouti au transfert de l’international batave à Manchester United.

Cette crise prend pour cible, outre les joueurs, le manager, Arsène Wenger à qui la gestion de l’effectif, des marchés des transferts et l’absence de remise en cause lui sont reproché. L’absence de remise en cause de Wenger face à l’absence de résultat de son équipe peut paraitre pour certains comme un entêtement stupide qui mènera Arsenal à sa perte, mais pour d’autres, cela peut paraitre comme du courage de la part de l’entraineur français qui va au bout de sa philosophie. Ce qui peut être reproché au technicien alsacien, c’est l’absence de discipline en attaque. Chaque joueur est presque totalement libre en attaque, la seule consigne est d’avoir au moins un joueur dans chaque zone. Or, sur les derniers matches, on a clairement vu la tendance des deux ailiers à repiquer au centre et délaisser leur côté. L’absence de changement de schéma de jeu en fonction de l’adversaire est louable de la part du manager mais face aux difficultés de son équipe et des capacités de ces joueurs, un changement tactique pourrait permettre de faire des résultats malgré un mauvais match.

On peut aussi reprocher au technicien français d’être trop affectif vis à vis des joueurs. Une qualité qui, dans certains cas devient un problème. A trop couver ses joueurs, ils en perdent leur esprit de gagnants. C’est cette qualité, être capable de gagner en jouant mal, en s’imposant au mental, qui manque à Arsenal. Le dernier titre remporter par Manchester United l’a été en jouant assez mal. Cette année, ils se permettent même de ne jouer que dix ou quinze minutes par match et de s’imposer sur le fil. Le tandem Primorac/Wenger qui prend presque toute les décisions concernant l’équipe en oublie l’aspect mental et le jeu des Gunners en pâtie. Il n’y a pu cette rage de vaincre, cette envie irrépressible de gagner que possède un Thierry Henry à l’époque par exemple. Arsène Wenger ne l’est pas seulement avec les joueurs mais aussi envers son staff qui n’a presque pas changé depuis qu’il est à Arsenal, et ce, malgré les successions de blessures de ses joueurs qui auraient dû lui mettre la puce à l’oreille.

Il lui est aussi reproché un problème de gestion de son effectif. De nombreux joueurs ne jouent pas à leur poste de prédilection. Par exemple, Aaron Ramsey, milieu relayeur se retrouve régulièrement placé sur l’aile alors qu’il n’a pas la vivacité nécessaire pour faire la différence. Des joueurs comme Arshavin, André Santos, Chamakh, Squillaci se retrouvent régulièrement à venir compléter l’effectif alors qu’ils n’ont pas le niveau pour un club du standing d’Arsenal.

On arrive donc à l’un des principaux griefs à l’encontre de Wenger, sa gestion des marchés des transferts. Les derniers étés ont été on ne peut plus agitésdu côté d’Arsenal avec les départs en 2011 de Cesc Fabregas, Samir Nasri et Gaël Clichy et en 2012, ceux de Robin Van Persie et d’Alex Song. Une fuite des talents qui n’a pas été compensée et qu’il est très difficile de remplacer.

Un board frileux en matière de transferts

Mais Arsène Wenger n’est pas le seul à blâmer, le conseil d’administration se montre très (voire trop) prudent sur le marché des transferts. L’exemple récent est Juan Mata qui était à Londres pour signer son contrat mais qui a filer entre les doigts du club sous prétexte que les membres du board n’était pas sûr de sa réussite et que le départ de Fabregas n’était pas encore programmé. Idem pour Hugo Lloris cet été. Le gardien français a attendu Arsenal pendant un mois mais le fait que le club n’ait pas réussi à vendre Fabianski (en raison de sa blessure) et Manonne ont obligé le club à revoir ses priorités.

C’est là le point sensible au niveau des finances à Arsenal. Le club paie des fortunes des joueurs qui ne joue pas (£12M la saison dernière). C’est la raison pour laquelle le club n’arrive pas à vendre ces joueurs. Au jour d’aujourd’hui, Arsenal surpaie ses joueurs moyens et sous-paie ses titulaires. “L’épine” dans le pied d’Arsenal, c’est que le club n’arrive pas à se débarrasser de ses lofteurs qui absorbent une quantité considérable du budget salariale. D’où la nécessité pour Arsenal de brader les Chamakh, Arshavin, Squillaci, Fabianski, Manonne, Djourou, Park, Denilson, Bendtner et un certains nombre de jeunes joueurs qui n’ont pas le niveau pour évoluer un jour en équipe première. La venue de joueurs de calibre plus élevé est conditionnée par ce lessivage de l’effectif. Pas de départs, pas d’arrivées, c’est aussi simple que cela.

Compte tenu des difficultés de l’équipe, Arsène Wenger est quasiment dans l’obligation de recruter des joueurs. En particulier, pour combler les départs de Chamakh et Gervinho à la CAN. En l’absence de recrutement à ce niveau de l’équipe, le risque est de se retrouver sans joueurs offensifs en cas de casses. C’est pour cela que le prêt d’Henry est évoqué. D’ailleurs The Sun parle d’un prêt de six semaines comme la saison passée. Ce prêt est une solution à court terme vu que la possibilité de récupérer un “top player” en janvier est infime. Si on suit la logique du club ces dernières années, voir arriver cet été Huntelaar ou Llorente gratuitement au club est probable. Concernant Demba Ba, il n’y a pas d’intérêt confirmé du club pour le Sénégalais mais il bénéficierait d’une clause de départ d’environ £9M pour le mois de janvier. Une bonne affaire pour les clubs à la recherche d’un très bon attaquant, ce qui est le cas d’Arsenal. L’une des priorités après le poste d’attaquant où Arsenal ne possède réellement que Giroud, est le poste de milieu défensif. Le non remplacement de Song semblait presque suicidaire en août du fait de l’inexpérience de Coquelin, seul milieu à vocation défensive de l’effectif. De nombreux joueurs sont ciblés par Arsenal, on parle de Bender, Strootman, Capoue, Fellaini qui peut évoluer à ce poste, Wynyama et d’autres encore. Mais pour la grande majorité de ces joueurs l’indemnité de transfert s’élève au moins à £20M au mois de janvier. Connaissant les habitudes du club à ne pas surpayer les transferts, la possibilité d’avoir certains de ces joueurs pour la moitié de ce prix cet été va prédominer.

Pour ce qui est des prolongations de Theo Walcott et Bacary Sagna, il n’y a pas réellement plus d’information. Pour l’Anglais, on parlait, il y aavait encore une semaine, que le club et le joueur était proche d’un accord et cette semaine on parle d’un possible transfert, donc rien de fiable pour le moment. Pour le Français, le club proposerait une année supplémentaire alors qu’il souhaiterait deux ans en plus. Plus d’informations dans les semaines à venir.

#Yann

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