Arsenal Women pour les nuls (Partie 2/2)

Après un bref récapitulatif du palmarès glorieux de l’équipe féminine et sa situation actuelle au classement, voici un focus sur les trois stars de l’effectif des Gunners: Vivianne Miedema, Danielle Van de Donk et Leah Williamson.

 

Vivianne Miedema
Vivianne Miedema
Vivianne Miedema, Ice Girl

Elle est celle qu’on ne présente plus dans le nord de Londres. Joueuse possédant des qualités techniques et une frappe de balle hors normes, Miedema se place dans le haut du panier du football féminin. À seulement 22 ans, elle est devenue la meilleure buteuse de l’équipe des Pays-Bas homme et femme confondues et totalise désormais 69 buts en 88 matchs. 5ème du ballon d’or féminin en 2019, elle continue d’augmenter ses statistiques avec un total de 68 buts en 74 matchs avec Arsenal. Elle semble bien partie pour battre tous les records du foot féminin, comme peut en témoigner son match stratosphérique contre Bristol la saison dernière avec 6 buts et 4 décisives pour une victoire 11-1 d’Arsenal.

Au-delà des stats, Miedema apparait en avance sur sa génération et sur son temps comme beaucoup de ses illustres néerlandais avant elle. Aisance technique, rapidité dans les contrôles, vision du jeu, une très belle frappe de balle… son style de jeu n’est pas sans rappeler un certain Dennis Bergkamp, qu’elle considère comme son exemple numéro 1, tout comme Robin Van Persie. Ne serait-ce pas ces anciens “Oranjes” d’Arsenal qui aurait poussé Vivianne à signer chez les Gunners ? Sans doute. Toujours est-il qu’elle semble poursuivre l’héritage de Dennis Bergkamp dans les rangs des Gunners mais du côté féminin cette fois-ci, où elle espère que le niveau des femmes pourra enfin être reconnu à sa juste valeur. 

Dans une interview pour Soccer Bible, elle revient sur son passé de joueuse et sur l’évolution du football féminin : “Quand nous avions l’habitude de jouer contre les autres équipes, ils disaient tous “oh c’est une fille, elle ne peut pas jouer au foot”. Mes parents m’ont vraiment soutenu, comme tout le monde autour de moi, et cela m’a vraiment aidé à arriver où je suis en ce moment. Je me souviens avoir joué contre le FC Groningen, qui est une autre grande équipe aux Pays-Bas, et les garçons rigolaient, mais à la fin, nous avons gagné le match 7-5, et j’ai marqué cinq des sept buts. J’ai adoré changer leurs avis, et après cela, ils ont su qui j’étais et ils m’ont respecté.”

“Lorsque j’ai commencé à jouer pour l’équipe nationale, nous avions probablement deux à trois mille personnes dans les gradins, mais maintenant nous vendons toutes nos places en 30 minutes et nous avons 30 à 35 000 personnes au stade, ce qui est évidemment une énorme différence. Pour moi qui ai joué en Hollande, en Allemagne et maintenant en Angleterre, vous pouvez voir que le football féminin a progressé, que le niveau augmente et qu’il y a beaucoup plus de gens qui s’en soucient.”

 

Danielle Van de Donk

Arrivée en 2015 à Arsenal, Van de Donk se place comme l’une des meilleures milieux du championnat d’Angleterre. Pouvant évoluer en numéro 10 ou plus récemment sur le côté gauche, c’est une titulaire indiscutable dans le système d’Arsenal et de l’équipe des Pays Bas. Avec Miedema, elle forme un duo redoutable et donne le tournis aux défenseures par sa technique aiguisée.

Au-delà d’être une très bonne joueuse, Danielle a récemment validé son diplôme de Sport Management qu’elle avait commencé 7 ans auparavant aux Pays-Bas. Pour elle, il est impossible de se concentrer à la fois sur le football et sur les études, d’où son envie de militer pour que les joueuses puissent être formées dès le plus jeune âge à devenir des élites et ne pas avoir à se préoccuper des études en parallèle, comme les hommes. L’année dernière, elle a accordé un peu de son temps à SoccerBible pour un formidable entretien, en voici quelques extraits : 

“Nous avons vu la FA prendre des mesures pour faire en sorte que les joueuses puissent vivre avec un bon salaire et avoir les moyens de s’entraîner tous les jours et finalement en faire leur métier. C’est un énorme développement. Je connais tellement de filles qui étudiaient, travaillaient et jouaient au football en même temps. Si vous supprimez ce poids, cela signifie que les joueuses peuvent se concentrer pleinement sur le fait d’être des athlètes de très haut niveau. Cela rehaussera les normes au niveau des clubs et au niveau international.”

Danielle Van de Donk, Orange engagée
Danielle Van de Donk, Orange engagée

“Avant de venir ici, le club était déjà très professionnel mais il le devient de plus en plus. On s’entraîne sur le même terrain d’entraînement que les hommes et les équipes de jeunes. On ne peut pas se plaindre des installations ou des équipements – ils sont absolument géniaux. C’était destiné aux hommes, mais nous l’utilisons tous et les installations dont ils disposent pour les femmes, je ne pense vraiment pas que d’autres clubs en disposent. Je me sens très chanceuse d’être moi-même à Arsenal et de pouvoir m’entraîner avec ces personnes de haut niveau dans de superbes installations. Je ne pouvais rien souhaiter de plus.”

Quand elle jouait au foot dans son enfance : “Lorsque nous nous présentions pour un match, j’entendais toujours l’équipe adverse dire qu’ils jouaient contre une équipe où il y avait une fille. J’entendais “ils ont une fille dans l’équipe, elle ne peut pas jouer au football” et tout ce genre de choses. Vous entendez cela tout le temps. Après le match, ils changeaient tous d’attitude : “Ah ouais, ok, tu peux jouer au football”. Le plus drôle, c’est que j’en discutais avec ma mère récemment et elle m’a dit : « N’as-tu jamais remarqué que les parents étaient aussi comme ça ? » Dire des choses comme « pourquoi y a-t-il une fille dans l’équipe des garçons? ». Je suis tellement heureuse que cette mentalité ait pu changer et évoluer davantage au fil des années.”

 

Leah Williamson
Leah Williamson, rouge et blanc dans les veines
Leah Williamson, rouge et blanc dans les veines

Arrivée à l’âge de 9 ans au club, Leah Williamson est un pur produit du centre de formation. Défenseure très talentueuse pouvant aussi évoluer au milieu de terrain, le club d’Arsenal coule dans ses veines. Elle a battu des records de précocité et toutes ses coéquipières reconnaissent à l’unanimité son leadership impressionnant pour son jeune âge. Beaucoup la considèrent comme une future très grande d’Angleterre qui pourra enfin emmener son pays à un titre tant convoité.

Petite, ses parents l’encourageaient déjà à suivre ses rêves à une époque où devenir joueuse professionnelle était totalement irréalisable. «Ce n’était même pas un métier à l’époque. Nous prenons cela pour acquis maintenant, mais ce n’était pas le cas avant. Je me demande combien de pères auraient encouragé leurs filles dans ma situation à faire cela?  Je suis très reconnaissant pour cela et j’ai vraiment l’impression d’être arrivé au bon moment.” Comme elle l’a déclaré dans de nombreuses interviews, elle a tout donné pour ce club et elle donnera toujours son maximum sur le terrain pour gagner des titres. 

Durant la crise du coronavirus, elle a pointé du doigt le comportement des dirigeants du foot qui ont complètement délaissé le développement du football féminin. Il est vrai qu’en Angleterre, le championnat féminin de la saison dernière s’est brutalement arrêté et n’a jamais repris, contrairement au football masculin : «Les femmes représentent la moitié de la population. Le fait que nous soyons si facilement écartés lorsque les circonstances se compliquent est un gros problème. Il s’agit là pour les femmes de bousculer les traditions et de faire ce qu’elles veulent dans tous les domaines de la vie, sans parler du sport. Mais le sport est un si bon moyen de reconnaître que nous valons le même investissement que nos homologues masculins, dans tous les secteurs. J’espère que le sport pourra faire changer toutes ses attitudes.”

#Corentin (@CorentinDvd) #AFC

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