L’heure du bilan : les déceptions de la saison

Dans un précédent article, nous faisions un premier retour sur la saison 2018/2019 ainsi qu’un bilan sur les secteurs ou joueurs que l’on avait pu considérer comme ayant été plus ou moins satisfaisants. Cette deuxième partie sera un peu plus douloureuse pour les supporters puisqu’il va ici s’agir de revenir sur ce qui n’a pas fonctionné, et d’essayer de comprendre un peu mieux à travers ces déceptions  pourquoi les Gunners ont finalement raté leur objectif.

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Ce n’est un secret pour personne : la défense a été de manière assez incontestable LE gros point noir de la saison des Gunners, ce qui commence à ressembler à un marronnier dans le nord de Londres. Les saisons se suivent, les erreurs défensives et autres lourdes défaites aussi. Avec 71 buts encaissés en 58 matchs officiels joués, le bilan (heureusement nuancé par une attaque prolifique) est plutôt accablant pour la défense d’Arsenal. Pour aller un peu plus dans le détail, Arsenal a encaissé 51 buts en 38 matchs et Premier League, 4 buts en 3 matchs de League Cup, 3 buts en 2 matchs de FA Cup…

Avec 13 buts pris en 15 matchs, l’Europa League est donc la seule compétition dans laquelle les hommes d’Unai Emery auront obtenu un ratio de buts encaissés inférieur à 1/match. Cette bonne surprise est néanmoins à nuancer fortement par le fait que 10 des 13 buts inscrits par nos adversaires l’ont été à partir des 8èmes de finale, stade de la compétition où le niveau a commencé à se relever.

Vous l’aurez donc compris, le bilan est plutôt accablant concernant notre ligne arrière, et il est d’ailleurs temps d’aborder de manière plus spécifique les joueurs mis en cause.

Défenseurs :

Dans un précédent article, Sokratis avait été présenté comme l’un des seuls joueurs (avec Holding et Bellerín, qui ont cependant été longuement blessés) à avoir réussi à tirer son épingle du jeu dans notre secteur défensif. Mais alors, qui sont ceux qui n’ont pas su tenir leur rang ?

Notre premier coupable est LE suspect habituel de ces dernières saisons. Quand quelque chose de louche se trame dans notre défense, il est rarement loin, quel que soit le système utilisé. Vous l’aurez deviné, nous allons parler de Shkodran Mustafi.

Arrivé en 2016 pour environ 40M€ (il est toujours bon de le rappeler), Mustafi a maintenant joué 115 matchs avec Arsenal, autant dire qu’il a largement eu le temps de s’intégrer au jeu Anglais et à sa nouvelle équipe. Pourtant, trois saisons plus tard, nous en sommes toujours au même point avec lui : oui, Shkodran Mustafi possède certaines qualités (duel, jeu de tête) et est capable de sortir de bons matchs de temps à autres, mais il possède ce défaut fatal pour un défenseur central qu’est l’irrégularité.

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Capable d’enchaîner un bon tacle par une erreur de concentration stupide, il est réellement impossible de compter sur Mustafi pour être régulier sur la durée, ni même régulier tout au long d’un même match. Pire encore, il ne s’est absolument pas amélioré depuis son arrivée à Arsenal et, au prix où il a été payé, il est difficile de ne pas considérer le recrutement Shkodran comme un échec.

Une nouvelle saison décevante pour l’Allemand donc, parsemée d’erreurs en tout genre et ponctuée de trop rares performances correctes. Un constat plutôt embêtant puisque Mustafi a tout de même joué en tout 40 matchs cette saison, les nombreuses blessures (Koscielny puis Holding, ponctuellement Sokratis) ayant obligé Emery à le faire jouer régulièrement.

Dans le procès des erreurs de casting, appelons ensuite à la barre Stephan Lichtsteiner. Arrivé libre après la fin de son contrat avec la Juventus, on espérait que le Suisse, alors âgé de 34 ans, puisse apporter toute sa sagesse et son expérience dans le couloir droit dans un rôle de doublure de Bellerín.

Soyons honnêtes : on ne s’attendait pas forcément grand-chose avec Lichtsteiner, qui n’était de toute façon pas destiné à jouer les premiers rôles. On savait qu’il serait sans doute un peu juste physiquement pour jouer régulièrement en Premier League, et n’était vu que comme un remplaçant de luxe. Malheureusement, même dans ce rôle taillé sur mesure, Stephan a laissé une impression plutôt mauvaise, et a été en grande difficulté quasiment à chaque fois qu’Unai Emery a fait appel à lui (essentiellement pour reposer Bellerín en Europa League et en coupes). Lichtsteiner a semblé fatigué, jamais au point physiquement, et son vice qui était vu comme l’un de ses atouts défensifs s’est vite transformé en une accumulation de fautes qu’il multipliait dès lors qu’il était pris de vitesse (ce qui est arrivé plutôt souvent).

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Lichtsteiner n’a donc pas vraiment su apporter quoi que ce soit à Arsenal, si bien qu’Unai Emery a préféré faire jouer Maitland-Niles dans un rôle à contre-emploi lorsque Bellerín s’est blessé. Un “flop” pas dramatique dans la mesure où Lichtsteiner était arrivé libre pour une seule année de contrat, mais une déception malgré tout.

Pour en finir avec le secteur défensif, évoquons rapidement le cas de Sead Kolasinac. Avec 9 passes décisives délivrées en 36 apparitions toutes compétitions confondues, le bilan semble plutôt flatteur pour le latéral gauche Bosnien. Néanmoins, au delà de cette statistique offensive flatteuse, il faut se rappeler que Kolasinac est supposé être un défenseur, rôle qu’il a assez mal rempli tout au long de la saison, ses capacités physiques impressionnantes étant bien souvent gâchées par un sens du placement parfois désastreux, c’est sans doute pourquoi Emery lui a régulièrement préféré le plus âgé mais plus régulier Nacho Monreal lorsqu’il a utilisé un système en back-four.

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Lorsque le technicien Espagnol a décidé de jouer à 3 derrière, Kolasinac a alors eu plus de temps de jeu en tant que piston gauche, rôle dans lequel ses errements défensifs sont moins pénalisants et dans lequel il peut plus librement aller vers l’avant. Malheureusement, si Kolasinac a régulièrement su délivrer des passes décisives, toute personne ayant régulièrement regardé Arsenal se souviendra du nombre assez invraisemblable de situations offensives qu’il a pu gâcher en ratant des centres ou des frappes alors qu’il était dans une position favorable. En somme, Sead est un athlète exceptionnel à la technique assez irrégulière et qui a encore beaucoup de progrès à faire dans le domaine défensif. L’avenir dira si “Kola” va réussir à exploiter tout son potentiel à Arsenal…

Attaquants :

Passons directement aux joueurs offensifs, le cas des milieux ayant été réglé dans un précédent article (seul le pauvre Mohamed Elneny n’avait pas été mentionné, mais l’Égyptien a été si peu utilisé qu’il serait difficile de faire le bilan de sa saison).

Si dans le secteur offensif Lacazette, Aubameyang et dans une moindre mesure Iwobi ont su tirer l’équipe vers le haut, on ne peut pas en dire autant du duo Mkhitaryan-Özil.

Henrikh Mkhitaryan est arrivé en janvier 2018 à Arsenal, en échange d’Alexis Sánchez, envoyé à Manchester United. Un transfert qui semble avoir été signé au dessus d’un ancien cimetière indien, tant les deux protagonistes ont du mal (voir beaucoup dans le cas du Chilien) à trouver leurs marques avec leurs nouvelles équipes. Dans le cas qui nous intéresse, après quelques rencontres prometteuses sous Wenger (on se rappelle notamment de son triplé de passes décisives contre Everton), on s’attendait à ce que Mkhitaryan devienne l’un des tauliers de l’Arsenal version Unai Emery.

Beaucoup utilisé par le coach Basque en début de saison, “Mikhi”, ne parvenant que trop rarement à être décisif, a vu son importance (et son temps de jeu) diminuer au fil des matchs, étant régulièrement mis sur le banc ou ne jouant qu’une mi-temps, avant de subir une blessure au métatarse qui l’a écarté des terrains plus de deux mois. Une fois de retour de blessure, l’Arménien a connu une bonne période malheureusement trop courte avant de retomber dans ses travers et de réaliser une fin de saison assez anecdotique.

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Alors, quel est le problème de Mkhitaryan à Arsenal ? Ce joueur qui a pu être si brillant à Dortmund a-t-il pu vraiment rentrer dans le rang ? Pour ma part, il me semble évident que le problème ne vient pas d’un manque d’implication du joueur : bien que trop rarement décisif et relativement peu créatif, Henrikh a au moins le mérite de participer aux tâches défensives et ne se cache jamais sur le terrain, ce qui est certes bien une bien maigre consolation pour un joueur de sa stature. Le problème de notre nouveau numéro 7 semble plutôt être mental. Depuis son arrivée à Londres, “Mikhi” traverse une crise de confiance dont il a vraisemblablement beaucoup de mal à s’extirper, et on attend avec impatience qu’il retrouve le déclic et qu’il nous fasse rêver comme il ne l’a que trop rarement fait depuis son arrivée à Londres.

Le cas de Mesut Özil est évidemment beaucoup plus épineux. Pour remettre les choses dans leur contexte, revenons au moins de janvier 2018 : Alexis Sánchez est parti, et Mesut Özil, l’autre grande star de l’effectif, est également en fin de contrat. Perdre les deux joueurs en à peine six mois aurait été désastreux en terme d’image, c’est pourquoi le club consent à offrir à l’Allemand un contrat gigantesque de 350 000£ par semaine pour qu’il prolonge son aventure dans le nord de Londres. Le deal est évidemment disproportionné, mais apaise dans un premier temps les supporters (nous compris). Quelques mois plus tard, Arsène Wenger quitte son poste, et Unai Emery le remplace. L’Espagnol a pour intention de faire d’Özil l’un de ses cadres, et le prouve en début de saison : en Premier League, Özil joue 10 des 12 premiers matchs dans un rôle de titulaire, dont 4 en tant que capitaine.

À ce stade de la saison, le rendement de l’Allemand est plutôt médiocre (3 buts, une passe décisive) et Özil ne justifie pas vraiment sa place de titulaire indiscutable. Mesut est alors mis sur le banc lors d’un déplacement à Bournemouth durant lequel Arsenal parvient à l’emporter sans qu’il n’entre en jeu. Suivra une série de matchs ratés officiellement pour un problème au dos (même si on a de bonne raison de penser que cette blessure était plus ou moins diplomatique), et le feuilleton Özil recommence. Mesut enchaîne “blessures” et mises sur le banc, et est même parfois carrément sorti de l’effectif. Décevant, l’Allemand a fort logiquement perdu sa place de titulaire et sa relation avec Emery ne semble pas au beau fixe.

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Après quelques remous en off, le coach finira par redonner une nouvelle chance à Özil, qu’il saisira plus ou moins : quelques matchs corrects ici et là, mais plus souvent des performances en demi-teinte voire carrément mauvaises. Redevenu titulaire en fin de saison “faute de mieux”, Mesut n’en profite pas pour se relancer et termine sa saison sur un ultime match raté en finale d’Europa League.

Pas dans le coup dans le jeu, pas dans le coup non plus d’un point de vue statistique (6 buts et 3 misérables passes décisives), Özil est incontestablement passé à côté de sa saison, et son fait grincer des dents quand on fait le lien entre son rendement et son salaire mirobolant. Son cas pose donc un énorme problème : si l’avenir de Mesut semble contrasté à Arsenal, comment peut-on l’imaginer ailleurs ? Quel club serait assez fou pour consentir à lui verser le salaire qu’il touche actuellement quand on voit ses performances sur le terrain ?

Un casse-tête qui risque de perturber l’intersaison d’Arsenal et qui fait la liaison avec le prochain article à paraître, dans lequel je reviendrais sur ce que l’on peut attendre de ce mercato estival en faisant le point sur les différents chantiers présents dans l’effectif et sur la façon dont on peut espérer les voir résolus (ou non) d’ici la reprise du Championnat.

#COYG

#AntoineL

 

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