L’horloge tourne, Unai Emery doit redresser la barre

Unai Emery ressemble à un homme qui a toutes les clés mais ne sait pas laquelle ouvrira la porte…

Arsenal a toute une équipe d’analyste de haut niveau pour déterminer et compter les faits et gestes de chaque joueur et du groupe. Mais le club ne semble pas posséder la capacité à déceler la tendance qui commence à s’imposer dans et autour du club : L’équipe ne va pas bien.

L’équipe d’Unai Emery a marqué 7 points de moins que l’an dernier lors des matchs face aux mêmes équipes rencontrées cette année. 7 points ainsi qu’une différence de goal average flagrante : +10 l’an dernier, face à +1 cette année, 25 buts marqués l’an dernier, 13 cette année…

Dans un monde parfait, une équipe de football est bâtie sur des résultats, obtenus via une philosophie de jeu claire et efficace. Actuellement, Emery n’a ni l’un, ni l’autre. Il a assisté impuissant à la défaite des siens à Bramall Lane, devant une performance que certains pourraient qualifier d’honteuse. Soit l’équipe n’arrive pas à appliquer la philosophie de jeu du coach, ce qui est inquiétant ; soit elle y arrive, ce qui est tout aussi inquiétant.

Il était dans son droit de réclamer un potentiel penalty en début de partie, mais personne ne peut décemment s’appuyer sur la VAR en ce moment… Et quand bien même, l’équipe a eu largement assez de temps, largement assez de possession de balle pour aller chercher un résultat qu’ils n’ont jamais semblé être en mesure d’obtenir. 

La philosophie de jeu d’Emery semble de plus en plus floue et incohérente. Dans une équipe qui n’a pas de meneur de jeu attitré, le coach espagnol a d’abord tenté de donner ce rôle à Joe Willock, le jeune et énergique milieu de terrain anglais. Le pauvre rookie a semblé bien perdu, à force de tenter de trouver une ouverture dans la très resserrée défense de Sheffield United. Le numéro 28 a signé l’un des pires matchs de sa jeune carrière, en grande partie à cause de ce placement et de ce rôle, peu compatible avec ses qualités de box-to-box.

La seconde mi-temps a vu l’entrée en jeu de Dani Ceballos, mais les remplacements qui ont suivi ont fait descendre l’Espagnol d’un cran sur le terrain, laissant la place de meneur de jeu au (très) jeune Bukayo Saka, 18 ans et ailier de métier…

L’incontournable à ce poste, un certain Mesut Ozil, est resté à la maison durant ce match. Ses performances passées suggèrent qu’il n’est pas forcément l’homme de la situation pour un match à l’extérieur face à une équipe fermée, mais les solutions tactiques convaincantes commencent à manquer pour Unai Emery.

Depuis le début de saison, en plus de Willock, Ceballos, Saka et rarement Ozil, d’autres joueurs ont été essayés à ce poste. Henrikh Mkhitaryan d’abord, avant son prêt à la Roma, ainsi que Lucas Torreira, lors des différentes expériences d’Unai Emery pour essayer de tirer le meilleur de son milieu de terrain.

Et pendant que le milieu de terrain patine, Arsenal se retrouve obligé de jouer sur les ailes, où Sead Kolasinac et Calum Chambers, deux joueurs qui ne sont pas réellement des latéraux, tentent d’apporter leur soutien comme ils le peuvent, mais bien loin du rendement d’un Trent Alexander-Arnold ou d’un Andy Robertson, pour ne citer qu’eux…

Quelle est l’identité de jeu d’Emery? Qu’essaye-t’il de développer avec ses joueurs? La question revient fréquemment et peut-être que la réponse est sous nos yeux : Une tactique moyenne, des compositions d’équipe décevantes et un manque d’imagination chronique. Tout ces ingrédients donnent une équipe qui galère. Une équipe qui ne tire pas le meilleur de ses joueurs. Certaines individualités font parfois l’affaire lorsque l’équipe est défaillante, mais cela n’est pas viable à long terme.

Les individualités sont effectivement bien présentes, à l’image de Pierre-Emerick Aubameyang et d’Alexandre Lacazette, qui ont déjà marqué quelques buts importants et sauvés plusieurs points. L’énergie et la dévotion de Mattéo Guendouzi, lié à la fougue de la jeunesse, ont parfois également aidé, mais tout cela ne suffira pas pour redonner espoir à des supporters de plus en plus impatients.

A chaque déplacement du club, l’espoir d’une victoire semble peu à peu laisser sa place au même sentiment, la contre performance inévitable. Comme face à Watford le mois dernier, l’équipe a semblé impuissante. Si bien que plusieurs observateurs parlent déjà de Emerexit. Bonne ambiance.

Les statistiques de l’attaque d’Arsenal sont en berne. Peu de création, peu d’occasions, et bien trop souvent, les attaquants sont obligés de se créer leurs propres opportunités. Les états de service d’Aubameyang sont impeccable cette saison, mais face à Sheffield, ses coéquipiers n’ont pas réussi à le mettre dans de bonnes conditions. Nicolas Pépé a tenté, mais a (encore) déçu…

Pépé aurait dû marquer face à Sheffield, mais on se rend déjà compte de sa capacité à faire mal aux défenseurs adverses. Il se rapproche de son potentiel et du moment où il fera réellement la différence. Il n’a pas peur d’aller au contact et de tenter des gestes techniques, même si il pourrait provoquer encore un peu plus. Le retour de Lacazette est également une très bonne nouvelle. Kieran Tierney a encore dû attendre pour sa première titularisation en Premier League, mais cela ne devrait plus tarder.

Beaucoup d’équipes iront à Bramall Lane et perdront des points cette année. C’est la force de cette équipe dirigée par Chris Wilder, qui ambitionne de tutoyer les sommets de la Premier League. Cette force est puisée dans la philosophie du club, et cela leur apporte déjà des résultats concret, avec 12 points au compteur, soit seulement trois de moins qu’Arsenal. 

A la fin de l’ère Wenger, le reproche principal qui lui était fait était de tenter le même pari à chaque fois, en espérant un résultat différent. Ce sentiment perdure avec Emery, de manière plus contrastée. Il essaye différentes choses, mais le résultat est très souvent le même. Ou pire, si on en croit les chiffre de cette saison.

propos originaux d’Amy Lawrence, recueillis sur The Athletic.com, traduit de l’anglais par Matthieu Rolland. Images tirées du site Icon Sport.com.

 

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