Lukas Podolski, Prinz Poldi

Lukas Podolski est né en Pologne avant d’émigré en Allemagne avec sa famille et a choisi la sélection allemande comme Miroslav Klose (polonais d’origine lui aussi) malgré qu’il possède la double nationalité. Il est le fils de l’ancien footballeur Waldemar Podolski. Il commence à jouer au foot dans un club de la banlieue de Cologne, le FC Bergheim, avant de rejoindre le centre de formation de Cologne en 1995.

Qui est-il ?

Lukas est certainement l’une des plus grandes stars du football allemand aujourd’hui et l’un des joueurs possédant le plus d’expérience au niveau international avec ses 101 sélections. Pourtant, Podolski semble être une « anti-star ». Deux fois par semaine, il retourne à Bergheim, au « Lukas Podolski Sportpark », un complexe sportif qu’il a rénové. C’est d’ailleurs là qu’il passait son temps: « J’habitais à 2 minutes d’ici et j’aime cet endroit. Je faisais du vélo tous les jours ici après l’école et je jouais avec mes amis jusqu’à 22h. C’était ma vie. » A Cologne, il est connu comme « Prinz Podolski » mais à Bergheim, ce n’est pas le cas, il est là simplement pour s’amuser. Il s’investit énormément dans l’équipe locale et dans son complexe dont il est très fier. « Regardez ce terrain synthétique. C’était une surface en cendres mais je l’ai re-parqué. Il y a également un terrain synthétique pour les juniors là-bas. En ce qui concerne le terrain de football principal, ils ont remis une pelouse naturelle et elle semble très bonne maintenant. Ils ont aussi changés le vestiaire et d’autres choses comme ça. S’ils ont besoin d’un nouveau parquet ou de nouvelles douches, l’entourage du club m’appelle et je passe un coup de fil. S’ils ont besoin de nouveaux ballons ou maillots, j’appelle Adidas. C’est normal pour moi. Tout le monde me connait ici et c’est agréable. » Voilà ce qui a surement séduit Arsène Wenger chez Lukas Podolski. Il est resté simple et généreux malgré son statut de star du football. Quand il ne joue pas avec Cologne, il est à Bergheim à discuter tactique avec l’entraineur de l’équipe locale ou à l’aider à choisir de nouveaux joueurs. Lukas s’est aussi révélé timide devant les caméras, contrairement à son nouveau coéquipier, Szczesny qui a prouvé ses talents d’acteurs. Pourtant, il s’est reconverti chanteur le temps d’une chanson avec un groupe allemand très connu dans son pays (http://www.youtube.com/watch?v=Lk46UEkF2vY). Il est certain qu’il s’intègrera facilement et que cette petite chanson fera l’objet de petits chambrages dans le groupe.

Un début de carrière fulgurant

Lukas est un talent précoce et son entraineur l’a très bien compris puisqu’il fait ses débuts professionnels le 22 novembre 2003 à l’âge de 18 ans et 5 mois contre le Herta Berlin. Trois semaines plus tard, il marquait son premier but sous les couleurs de Cologne contre le FC Hansa Rostock. Sa première saison fut exceptionnelle pour un joueur de son âge. Il inscrivit 10 buts en 19 matchs de championnat, un record pour un joueur de 18 ans en Bundesliga. Malgré sa performance, son club fut relégué en D2 allemande. Malgré la descente de son club, les performances du jeune Lukas furent remarquées par le sélectionneur allemand de l’époque, Rudi Völler, qui lui offrit sa première sélection en guise de cadeau d’anniversaire le 6 juin 2004 contre la Hongrie (défaite 2-0 des allemands). Il devint ainsi le premier joueur de deuxième division depuis 1975 à jouer en équipe nationale. Il fit le voyage à l’Euro 2004 au Portugal mais il fit qu’une seule apparition contre la République Tchèque en remplaçant Torsten Frings à la mi-temps. De retour en club, il participa grandement au sacre de Cologne qui fut couronné champion de D2 en 2005 avec 24 buts et 11 passes décisives à seulement 19 ans ! De retour en D1, Cologne ne réussit pas à se maintenir car le club se reposait principalement sur les exploits de son jeune prodige. Il inscrivit 12 buts et fit 7 passes décisives. Malgré la descente de son club en D2, il fut sélectionné par Joachim Löw pour la Coupe du Monde 2006. Il fut titulaire aux côtés de Klose. Il fut l’auteur d’une très bonne Coupe du monde dont il finit meilleur jeune joueur devant Léo Messi et Cristiano Ronaldo notamment. Il est aussi devenu le premier joueur depuis 1962 à inscrire un doublé dans les douze premières minutes d’un match de Coupe du monde et seulement le troisième joueur à réussir cet exploit. Il finit aussi cette compétition à la seconde place du classement des buteurs, derrière son coéquipier Klose, avec trois buts. Cette année là, l’Allemagne termina à la troisième place du tournoi. Ayant réussit à faire son trou en équipe nationale, Lukas ne pouvait se permettre de rester à Cologne et de jouer à nouveau en D2, il prit donc la décision de partir. De nombreux clubs manifestèrent leur intérêt (Liverpool, Real Madrid, Hambourg, Werder Brême, Bayern Munich). Il fut donc transféré au Bayern le 1er juin 2006.

La période difficile du Bayern

Podolski fit donc le choix de s’engager, à 21 ans. Il fit ses débuts sous ses nouvelles couleurs le 11 août 2006 lors d’une victoire du Bayern contre Dortmund en entrant à la 88ème minute. Le 9 septembre, il entra à la mi-temps du match contre le FC St Pauli et marqua le but égalisateur à peine 26 secondes après son entrée. Malheureusement, le 26 octobre, il se blessa gravement à la cheville sur un tacle de son coéquipier Mark van Bommel à l’entrainement. Pour sa première saison au Bayern, il fit 34 apparitions avec 7 buts à la clé. L’aventure semblait jusque là bien se passer mais le Bayern recruta un autre attaquant, Luca Toni, ce qui le fit descendre dans la hiérarchie car Klose et Toni lui étaient préférés. Il fit tout de même 71 apparitions et marqua 19 buts lors des deux saisons suivantes avant de retourner à Cologne. Malgré son faible temps de jeu, il a gardé toute la confiance de son sélectionneur, Joachim Löw, qui n’hésite pas à le mettre titulaire. Il enchaina des matchs de grandes classes et notamment un quadruplé contre la faible équipe de Saint Marin, devenant ainsi le troisième joueur à inscrire un quadruplé en sélection allemande après Gerd Muller et Michael Ballack. Il fut sélectionné pour l’Euro 2008 par Joachim Löw. C’est aussi à cette époque que Löw fit le choix de replacer Podolski sur le flanc gauche de l’attaque. L’Allemagne fit son entrée dans la compétition contre le pays natal de Podolski, la Pologne. Durant ce match, Lukas inscrit un doublé victorieux et par respect pour son pays natal, il ne fêta pas ses buts. Il atteignit la finale et retrouva son poste en attaque car l’association Klose-Gomez avait échoué mais il ne pu rien faire face aux espagnols. Il fut cependant concerné par un incident qui a vu Podolski donné un coup de tête à David Silva. Cet incident ayant échappé aux arbitres, il ne fut pas sanctionné, même à postériori. Autre record à son actif, à 22 ans, il cumulait déjà 44 sélections ! Personne n’a fait mieux depuis.

Le retour du Prince en son royaume

Après avoir été rassuré par Joachin Löw que son retour à Cologne ne l’empêcherait pas de revenir en sélection, Poldi fit le chemin inverse et retourna chez lui à Cologne. Le transfert est supposé être de 10 millions d’euros. Afin de réduire le coût du transfert, les dirigeants de Cologne avaient créé un site internet où il était possible d’acheter les pixels d’une image de Podolski pour 25€. Ils ont réussi à recueillir près d’un million d’euros. La saison 2009-2010 de Lukas fut très difficile. Il est le détenteur d’un triste record : 1425 minutes sans marquer le moindre but avec Cologne. Par contre, avec la sélection allemande, Löw garde confiance en lui et le sélectionne pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Pour remercier son sélectionneur de sa confiance, Podolski inscrivit le premier but de la compétition pour les allemands d’une frappe surpuissante contre l’Australie. En 8ème de finale contre l’Angleterre, il fit à nouveau un match plein en inscrivant le deuxième but de son équipe entre les jambes de David James et en participant activement aux tâches défensives. En quart, contre l’Argentine, il continua sur sa lancée et fit deux passes décisives à Klose permettant ainsi à l’Allemagne de battre les argentins 4-0 et d’atteindre les demies finales. Une fois encore, ils échouèrent à atteindre la finale. L’Allemagne remporta cependant le match pour la troisième place face à l’Uruguay (2-3). De retour à Cologne, son calvaire semblait continuer. Podolski reprochait à ses dirigeants leur manque d’ambition et parle de promesses non tenues. Lukas étant un joueur fonctionnant à la confiance, sa nomination en tant que capitaine de Cologne eu un effet très positif. En effet, celui ci éleva son niveau de jeu et les résultats de son équipe s’en sont ressentis. Cologne réussit donc à se maintenir en Bundesliga. Lors de cette saison 2010-2011, il marqua 13 buts en 32 matchs. Il continua sur sa lancée lors de la saison 2011-2012 en marquant 18 buts en 29 matchs. Malgré une saison impressionnante de « Prinz Poldi » Cologne ne put se maintenir en Bundesliga.

La vidéo de ses buts pour la saison 2011-2012 :[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=OQvKnhhsboU&feature=related]

Ainsi que celle de l’intégralité de ses buts avec l’Allemagne :[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=5KprpWOsUlY]

Un nouveau départ à Arsenal

Le 30 avril 2012, Lukas Podolski a annoncé officiellement qu’il rejoignait Arsenal pour la saison 2012-2013 et qu’il avait signé un contrat à long terme avec le club. Arsène Wenger a révélé que les négociations avaient commencées dès le mois de décembre. Ce transfert à Arsenal de Podolski est un nouveau départ après l’échec de sa première expérience dans un grand club. Etant donné que c’est un joueur fonctionnant à l’affect, il ne pouvait pas trouver meilleur endroit qu’Arsenal et un entraineur comme Arsène Wenger qui a protège énormément ses joueurs et qui a une confiance quasi sans faille en eux.

Voici la vidéo de son photoshoot :[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=ruBndv0GfOQ]

L’avis des experts

Le 30 avril, l’attaquant du FC Cologne, Lukas Podolski a accepté de rejoindre Arsenal pour renforcer l’effectif d’Arsène Wenger.
Pour mieux connaitre le nouveau Gunner, Arsenal.com a interrogé le journaliste Raphaël Honigstein et l’ancien attaquant d’Arsenal Tony Woodcock

RAPHAËL HONIGSTEIN

« Tout d’abord, je pense que c’est une très bonne recrue pour Arsenal. Je pense qu’il a le bon âge, il possède des capacités qui correspondent parfaitement à la philosophie d’Arsène Wenger et il a montré, sur cette année, qu’il peut conduire l’attaque à lui seul si nécessaire. Il a vraiment haussé son rythme de travail aussi, ce qui a joué en sa défaveur par le passé. Mais le plus important, il a marqué des buts. »
« Je suis sûr que la raison qui a poussé Arsenal à le signer si tôt c’est qu’après l’Euro, il y a de fortes probabilités pour que sa valeur augmente. Je pense que c’est bien joué de l’avoir fait maintenant. »
« Sa position est sans doute celle d’un N°9 mais il peut jouer comme attaquant de pointe. Il peut presque faire ce que Robin van Persie fait en ce moment, seulement avec le niveau d’excellence en moins. En réalité, ils sont tous deux très similaire. »
« Il aime jouer, faire le lien entre les lignes et son grand avantage est qu’il peut aussi jouer sur le coté gauche, ce qui est un trait unique. D’ailleurs, il joue sur ce côté dans l’équipe d’Allemagne de Joachim Löw. Il dispose aussi d’un fantastique pied gauche, il peut être très direct, il a une grosse frappe et je pense qu’il offrira de nouvelles options à Arsenal. Le système de jeu fluide d’Arsenal lui convient parfaitement. »

« Au Bayern Munich, je pense que deux choses se sont passées. Il y est arrivé après la Coupe du Monde 2006, il était le grand espoir du football allemand, il était prévu qu’il devienne une superstar. Mais, au Bayern, il y trouva une équipe avec d’autres superstar, des grands noms, des grands joueurs donc cela signifiait qu’il se trouvait souvent dans la position du deuxième ou troisième choix derrière les Klose, Toni et Ribery sur la gauche. »
« En outre sa personnalité assez sage, je crois qu’il était encore très jeune et il a constaté qu’il était difficile de réussir ailleurs que dans sa ville natale de Cologne. Il était un peu perdu à Munich. Mais aujourd’hui, il est plus mature, il est un joueur très différent et beaucoup plus stable en dehors du terrain. Il devra encore s’adapter mais je ne pense pas que le changement de football sera trop difficile pour lui. »
« Ce n’est pas le genre de gars à refuser le rythme ou le côté physique du jeu. En fait, je crois qu’il aime ça. Il sera bien à Arsenal. »

TONY WOODCOCK (ex Arsenal & Cologne)

« Je connais très bien Lukas. Si vous regardez ses statistiques, il a 26 ans et il a joué plus de 90 fois en équipe nationale et il a aussi un bon ratio buts/matchs joués. C’est le bon choix pour Lukas, il sera parfait à Arsenal. Il vivra à Londres, jouera pour un club fantastique. C’est une situation gagnante-gagnante pour le joueur et le club. »
« Il peut jouer à l’avant, un peu plus en retrait comme second attaquant ou, comme c’est un gaucher naturel, sur le côté gauche. C’est à Arsène de trouver sa meilleure position mais Lukas a marqué pas mal de buts cette saison à Cologne, il a montré ses qualités. »
« Il n’y a pas beaucoup de différences entre Cologne et Arsenal. Cologne a l’une des meilleures ambiances que vous pouvez trouver dans le football, ils ont un stade sympa et des fans fantastiques. Lukas est connu comme « Le Prince », c’est un peu le héros populaire. Le FC Cologne est le club principal de la ville, mais à Londres, c’est légèrement différent, vous avez Arsenal, Chelsea et Tottenham. »
« Mais quand vous allez dans ces grands clubs en ce moment, c’est à peu près la même chose. Ils ont des installations fantastiques et quand vous allez en profondeur, il s’agit d’un champ vert avec 22 gars qui jouent au football. Si vous avez déjà joué au plus haut niveau, il ne devrait pas y avoir de problèmes d’adaptation. »
 » Lukas est quelqu’un qui répond à toutes les caractéristiques (bon âge, bon prix, grande expérience, bon moment pour changer de club). Il n’y a pas de raison qu’il ne réussisse pas. »

 L’avis d’AFC.

Que va t-il nous apporter ?

_ De l’expérience en premier lieu. A 27 ans, le Podolski est déjà un vieux briscard, fier de ses 101 sélections avec la Mannschaft et de ses 112 buts en 287 matches de Bundesliga. Il entame également cette année son 5ème tournoi international et a donc l’habitude de se confronter à de grands noms.
_ Une bonne qualité de centre. En ce sens, il a un profil très différent de Walcott, Gervinho ou encore AOC. Giroud va d’ailleurs avoir besoin de bons ballons aériens dans la surface, et sa doublette avec l’allemand pourrait être redoutable.
_ Une grosse qualité de frappe. La planète foot le connait pour ça : ses missiles stratosphériques. Illustration sur son dernier match : un but avec une frappe en force, suivi d’un coup franc surpuissant qui ricochera sur la barre.
_ Une qualité de finition qui pourrait mettre fin à la Van Persie dépendance. Oui Podolski n’est pas réaliste devant le but en ce début d’Euro mais ça n’en reste pas moins un tueur : 29 matches, 85 tirs, 18 buts avec Cologne cette année.
_ Une rage de vaincre : Podolski est un battant, et malgré son Euro en demi-teinte, il reste très actif sur le terrain, disputant tous ballons.
_ Un excellent repli défensif, meilleur que tous nos ailiers actuels. C’est la principale source de satisfaction sur ces trois premiers matches : il revient aider Lahm à n’importe quel moment. Quand il sent qu’il y a danger, Podolski fait l’effort de revenir, avec toute l’endurance qu’on lui connait. Il pourrait donc par cet atout tisser une très belle relation avec Gibbs, et pourrait aider le jeune anglais à confirmer la saison prochaine.

#Yann

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