Per Mertesacker : Big F***ing Leader

Aujourd’hui directeur de l’Academy, le centre de formation d’Arsenal, ce grand gaillard de deux mètres a fait renaître -pendant un temps- les beaux jours d’Arsenal avec son ex-compère en charnière centrale : Laurent Koscielny. Retour sur la carrière inespérée du natif d’Hanovre.

 Ralf Rangnick, le messie de Per

C’est à Hanovre, dans son club formateur que le BFG (Big F**king German de son surnom) débute sa carrière de footballeur sous les ordres de Ralf Rangnick qui l’avait déjà repéré lorsqu’il jouait chez les U19 d’Hanovre. « Ralf Rangnick et Mirko Slomka regardaient souvent mes matchs » raconte Mertesacker (ndlr BFG : Big Friendly German – My autobiography).

Un peu plus tard, un match particulier va lui permettre d’entrer dans la cour des grands. Lors d’une compétition U19, Per, capitaine de l’équipe, réalise une performance calamiteuse qui coûte la qualification à son équipe. Mais cela n’empêche pas Rangnick de le prendre en équipe première. « C’est un incroyable professeur qui communique constamment avec ses coéquipiers, particulièrement avec les jeunes ». Aucun doute pour Rangnick, Mertesacker est une perle rare, un futur grand joueur.

Avec ses 90 kg et ses 2 mètres de haut, Per Mertesacker n’est pas le plus impressionnant de l’équipe première d’Hanovre, loin de là. Mais qu’importe, Rangnick est fasciné par la soif de connaissance et l’infatigable envie de progresser de Mertesacker. A tel point qu’il exige de lui qu’il réussisse ses examens à l’école : « Je n’oublierai jamais ce soutien. Pour moi, c’était un signe positif, que j’aurai une opportunité un jour ». Malgré la confiance inébranlable de Rangnick envers son défenseur, cela ne lui donnait pas un pass gratuit dans le XI de l’équipe première Son coach de l’époque lui demandait plus de discipline. Après une défaite contre l’Eintracht Braunschweig (2-0), Rangnick était furieux. Pour leur faire comprendre que cette performance est inacceptable, le coach allemand s’est permis d’écarter certains cadres de l’équipe. Le jeune Mertesacker a pu profiter de cette situation pour intégrer l’équipe première pour la première fois : « Il a voulu donner une leçon à un ou deux titulaires. En plus de cela, Steven Cherendulo était blessé. J’ai donc pris sa place, ce fut un choc pour moi »

Malgré des débuts mitigés en tant que titulaire, il s’impose tout de même en tant que leader de la défense hanovrienne. Ce n’est qu’après 3 saisons au sein de son club formateur qu’il décide de quitter le cocon familial pour rejoindre le Werder Brême. Là-bas, il fait la connaissance d’un de ses futurs coéquipiers à Arsenal : Mesut Özil

 

Un leader avant tout.

Selon la fable de Jean de la Fontaine, rien ne sert de courir il faut partir à point. La tortue finit donc toujours par l’emporter sur le lièvre. Pour Mertesacker, c’est un peu vrai. Connu pour son manque de vitesse, Per a toujours compensé par sa vision et sa lecture du jeu. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Arsène Wenger le recrute le 31 août 2011. « Lors d’un appel, Wenger me voulait dans son équipe. Il m’a expliqué qu’il souhaitait quelqu’un qui prenne ses responsabilités sur le terrain ». En plus de lui parler en Allemand, il n’en fallait pas plus pour que BFG accepte le deal. Ce leadership, les supporters d’Arsenal ont pu en être témoins à plusieurs reprises.

Et notamment lors d’une confrontation entre Manchester City et Arsenal le 13 décembre 2013, Les Gunners, alors  leaders du championnat sont défaits 6 à 3 et ressortent humiliés de l’Etihad Stadium. Mesut Özil se dirige vers le tunnel qui mène aux vestiaires, ignorant les supporters Gooners qui ont fait le voyage. Une attitude inacceptable pour Mertesacker qui le reprend de volée et l’oblige à aller saluer les “away fans” par respect pour le club.

 

Mais son match le plus mémorable restera sans doute  cette finale de FA Cup 2017 contre Chelsea. Au terme d’une saison éprouvante pour le club londonien et encore plus pour l’Allemand aux 221 apparitions sous le maillot rouge et blanc d’Arsenal. Mais ce dernier match sera la plus belle fin qu’il aurait pu avoir sous le maillot d’Arsenal. En effet, une blessure de longue durée l’éloigne des terrains une grande partie de cette saison 2016/17 et l’Allemand ne recommence à jouer qu’à partir de la dernière journée de Premier League suite à un carton rouge de Laurent Koscielny. Avec seulement 45 minutes dans les jambes avant de débuter cette finale, Mertesacker et Rob Holding, révélation en défense centrale cette saison, réussissent à museler l’attaque de Chelsea, menée par ce poison de Diego Costa. Au terme d’un match dominé par Arsenal, Aaron Ramsey, délivre les Gunners d’une tête plongeante rageuse et permet à Arsenal de remporter sa 3e FA Cup en 4 ans (2014, 2015 et 2017). Per Mertesacker termine sa carrière sur une victoire et sur une performance de Man of the Match.

Un avenir en tant que coach ?

2018 est l’année d’un nouveau chapitre pour Mertesacker. Il prend le poste de directeur de l’Academy d’Arsenal. Décision annoncée en juillet 2017 alors qu’il lui restait une saison à jouer sous le maillot d’Arsenal. Lors d’une interview pour The Guardian en septembre 2019, il exprime sa volonté de faire progresser la nouvelle génération des Baby Gunners : « Je veux avoir un impact sur l’avenir des jeunes joueurs, peu importe ce qu’ils feront après. Car j’en ai vu beaucoup de 15 à 16 ans avoir une maigre chance de passer pro ». Pour éviter cela, l’Allemand s’entoure des meilleurs pour restructurer le modèle londonien et lui redonner une identité de jeu perdue au fil des années. Il ramène donc Marcel Lucassen, passé par la Nationalmannschaft, pour superviser les jeunes pousses allemandes. Lee Herron, qui a travaillé pendant 20 ans à l’Academy de Reading, lui emboîte le pas. Il reprendre le poste de Steve Morrow qui était responsable du scouting. Herron aura donc la tâche de repérer les futurs talents anglais en s’épaulant d’une nouvelle équipe qui remplacera l’ancienne dirigée par Morrow. Steve Brown, anciennement superviseur des espoirs anglais rejoint l’équipe de Lee Herron en tant que bras droit. Pour finir Ayo Durojaiye s’occupera de la section U11, Phill Antwi U14 et Conan Watson U16.

Tous ces changements ont provoqué un étonnement au sein du club. Steve Morrow, admiré par ses pairs était considéré comme l’un des meilleurs dans son domaine. Malgré cela, Mertesacker et Edu -tout fraichement nommé directeur sportif d’Arsenal- sentaient qu’un changement était nécessaire pour donner un second souffle à une académie qui peinait à produire des joueurs professionnels confirmés. D’autres figures du club ont pris le même chemin que Morrow comme Kevin Beadell, Dan Rice, David Lee, Jay Leffe and Joe Sutton.

Avec son intelligence et sa vision sur le long terme, Per Mertesacker a le profil type pour entraîner une équipe d’un club pro. Avec un parcours différent certes, il pourrait imiter son compère espagnol, Mikel Arteta, qui lui a pris les rênes de l’équipe première d’Arsenal.

#Alex

 

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