“Pourquoi Arsenal est-il bien meilleur que vous ne le croyez ? ” Par Jonathan Liew

Les raisons d’espérer (Mxtpp)

 

 

Comme une lueur d’espoir dans ce début de saison si frustrant, le journaliste Jonathan Liew, travaillant pour le journal britannique “The Independent”, démontre dans sa dernière chronique dans quelle mesure, malgré des résultats décevants, de nombreux facteurs laissent imaginer qu’Arsenal est en progrès. Traduction.

Autour de la 70 ème minute de jeu, lors du match d’Arsenal contre Nottingham Forrest, les portes du paradis se sont soudain ouvertes. La pluie tombait abondamment sur Londres, le match, dont l’issu était fortement prévisible, s’est d’un coup emballé. D’abord Rob Holding a pointé sa tête suite au corner de Reiss Nelson. Puis, Joe Willock a fusillé le gardien adverse pour marquer. Par la suite, Nelson a profité d’un bon travail de Chambers pour marquer. Martinelli finit le travail quelques secondes avant le coup de sifflet final.

5-0 pour les locaux, face une équipe menée par Sabri Lamouchi démembrée, qui a d’ailleurs, dans la conférence de presse d’après-match, affiché un visage, fatigué et ennuyé, comme celui d’un homme ayant passé l’intégralité de la partie à regarder l’heure, comme s’il souhaitait arriver le plus vite possible à la fin du match afin que l’addition ne se corse pas davantage.

“Cruel” a été le jugement du manager de Forest. “Cinq buts encaissés, c’est bien trop. A un à 0, nous étions toujours dans le match. Nous avons bien mieux commencé la seconde mi-temps, puis les deuxième et troisième buts sont venus, nous avons dû abandonné par la suite”. Ce sentiment a souvent été retrouvé lorsqu’une équipe jouait face aux Gunners cette saison. “Le résultat ne reflète pas la performance de l’équipe” clamait l’entraîneur de Frankfort suite au, très improbable, 3-0 lors de la victoire des londoniens en terres allemandes. “Nous avons défendu de manière fantastique, mais à la suite d’une erreur nous avons été punis” se plaignait Steve Bruce après la défaite lors de la première journée de la saison, à Newcastle. “Nous aurions pu gagner de manière confortable” se lamentait l’entraîneur d’Aston Villa Dean Smith après le “Comeback” d’arsenal lors de la victoire 3-2.

Nous pensons tous que nous connaissons Arsenal. Elle est l’équipe qui laissera toujours ses supporters sur leur faim. L’équipe qui laissera toujours  à son adversaire l’opportunité de marquer. L’équipe qui porte ses névroses comme un uniforme. L’équipe qui a inventé l’irrationnel dans le football : même avec une défense de quatre joueurs, elle ne peut s’opposer à un chat. Récemment, les résultats contre Watford ou Liverpool sont venus renforcer cette position : une équipe qui, avec deux passes ratés, devient “prenable” par toutes les équipes d’Angleterre.

En réalité, regarder sous le capot, et vous trouverez quelque chose de différent. On trouve des joueurs qui, malgré leur manque d’expérience et leurs imprécisions, apparaissent magnifiquement investis. Un club connue partout dans le monde : un collectif. De jeunes joueurs convaincus, excitants, capables de réaliser des matchs de bonne facture. Le meilleur buteur de Premier League (Aubamayang, 7 buts marqués cette saison, dépassé par Abraham le week-end dernier). Des buts sublimes grâce à des joueurs de talent, mais dans le même des buts encaissés face à des équipes qui ne devraient pas pouvoir exister face à une telle armada.

Le match face à Watford n’aurait pas dû être un de ces matchs. Arsenal doit être capable de remporter aisément ce genre de parties. Ecoutez, je sens votre méfiance et votre malaise, compréhensibles, face aux résultats actuels, vous êtes tentés de faire des conclusions sur tout le potentiel de cette équipe suite à un match de seconde zone comme celui réalisé contre Watford, qui a fait six changements par rapport à son dernier match contre Barnsley (victoire 1-0). Malgré cela, il y a quelque chose qui saute aux yeux : le fait qu’Arsenal ait des joueurs pouvant marquer à tout moment, contre n’importe qui, un pouvoir qui rend vulnérable n’importe quelle équipe.

Observez. J’ai une chose à dire, ou à vous faire remarquer. Arsenal est potentiellement bien meilleur que ce que les gens pensent. Nous sommes à quelques semaines de voir cette équipe devenir très très forte. Assez forte, en réalité, pour devenir challenger des deux “mastodontes” du championnat, que sont City et Liverpool, au moment où notre rival historique, United, et les autres “top teams” traversent des périodes compliquées. Contre le fatalisme des supporters, Arsenal va progresser.

La défense est une menace pour nous. Le milieu de terrain ressemble à un buffet, prêt à être dévoré par nos adversaires, la mentalité n’est pas un gage de confiance, tout comme notre faculté à rendre la balle trop rapidement à l’adversaire. Mais, également, il y a une équipe forte, jeune, en apprentissage mais qui prend du relief, se développe pour, par la suite, répondre sur le terrain. Aucune cause n’est jamais perdue.

Avec les retours de Bellerin et Tierney, l’émergence de Chambers et Holding, la défense sera largement renforcée. Un nouveau quatuor défensif verra le jour, et l’esprit de jeu d’Emery pourra être respecté. Ajoutons lui l’excitant Willock, le feu follet Nelson, et la belle promesse Saka, et le très talentueux Nicolas Pépé : vous verrez le soleil se lever, alors.

 

Cela reste incertain. Nous avons déjà fait ces observations, et peut-être que cette équipe est la réincarnation de la génération 2007-2008 d’Arsenal, ou celle de 2011, ou encore celle de 2014, lorsqu’Arsenal était largement leader, puis Noël arriva, et les espoirs s’effondraient. Dans ce championnat difficile, où les buts s’enchaînent par trentaines chaque journée, où deux équipes mènent les débats, certaines les suivent, en vain, et les autres survivent.

Arsenal, grâce à cette triplette offensive et à cette défense qui reverra prochainement la lumière du jour, reviendra sur le devant de la scène.

“There’s still hope”.

 

La jeunesse, à jamais portrice d’espérance (Getty images)

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