St Totteringham’s Day : tradition en péril !

À la rue dans la course à l’Europe, les Gunners ont encore un objectif à aller chercher en championnat : finir devant Tottenham, pour ainsi offrir à leurs supporters un St Totteringham’s Day pour la première fois depuis 4 ans. Ce dimanche, faux pas interdit dans le derby ! 

Il fut un temps où le St Totteringham’s Day survenait chaque année plus sûrement encore que le printemps. 21 saisons durant, sous l’ère Wenger, les supporters d’Arsenal ont pu célébrer avec une régularité quasi-métronomique ce fameux jour marquant le moment du championnat à compter duquel les Spurs ne pouvaient, mathématiquement, plus rattraper leur équipe. Une époque aujourd’hui révolue. D’un rouge éclatant de 1996 à 2017, le nord de Londres pâlit chaque année un peu plus depuis 4 ans, à mesure que Tottenham semble y imposer son hégémonie en finissant devant les canonniers au classement. Ce qui était autrefois un rituel annuel inéluctable du championnat anglais, est devenu l’objectif principal (avec un parcours digne de ce nom en Europa League) de la saison des Gunners. Et l’enjeu du derby à venir, à l’occasion duquel se jouera, plus que jamais, la domination sur le North London.

Le seul objectif atteignable en championnat ?

10 points de retard. 11 matchs pour combler l’écart. Sauf miracle, les Gunners ont très peu de chances d’arracher le 5e et dernier strapontin européen accessible via le championnat. L’Europa League semble être l’ultime chance pour Arteta et ses hommes de prendre part aux joutes continentales l’année prochaine.

Tottenham Hotspur’s Pierre-Emile Hojbjerg (right) and Arsenal’s Bukayo Saka battle for the ball during the Premier League match at the Tottenham Hotspur Stadium, London. By Icon Sport – Tottenham Hotspur Stadium – Tottenham (Angleterre)

La fin de saison d’Arsenal en Premier League n’est pour autant pas dénuée d’intérêt. Ni même d’enjeu. Avec 7 points de retard sur Tottenham, dont trois qu’il est possible de rattraper dès ce week-end, il est encore temps pour nos Gunners de reconquérir le titre officieux, mais ô combien important, de maîtres du nord de Londres.  Ce championnat d’Angleterre 2020/2021 n’est, d’ores et déjà, pas réussi. Si Arsenal finit devant les Spurs, il ne sera toutefois pas tout à fait raté. Bien plus qu’un lot de consolation, finir devant le rival honni est, et a toujours été, l’un des objectifs prioritaires du club. Il est temps que cette douloureuse parenthèse de quatre années prenne fin et que le club récupère le trône qui est le sien. Temps de remettre José Mourinho, qui raille et critique Arsenal depuis des lustres, à sa place : derrière nous au classement.  

Pour y parvenir, il faudra inverser les tendances respectives des deux clubs. Après un Boxing Day et un début d’année chaotiques marqués par 5 défaites en 6 matchs de championnat, les Spurs ont su redresser la tête et s’imposer lors de leurs trois dernières rencontres, avec 9 buts inscrits pour un seul encaissé. Côté Gunners, l’irrégularité est la norme depuis début février. Aubam et ses ouailles alternent victoires convaincantes (4-2 contre Leeds le 14 février dernier, 3-1 à Leicester deux semaines plus tard) et performances insipides, voire même grotesques (défaite contre Villa et Wolverhampton, nul face à Burnley). Quoi de mieux qu’un derby pour se motiver, amorcer un renversement de situation et faire honneur à l’un des héritages les plus précieux que nous a laissés Arsène Wenger ? 

 

Arsene Wenger – 08.11.2015 – Arsenal / Tottenham – 12eme journee de Premier League
Ne pas dilapider l’héritage d’Arsène Wenger

La supériorité d’Arsenal, matérialisée par le fait d’avoir fini plus souvent devant le rival en championnat que l’inverse, n’a pas toujours été aussi incontestée que durant les 25 dernières années. Au coude-à-coude pendant toute la première partie du 20e siècle, les deux clubs ont ensuite chacun eu leur période faste. Sur la décennie des 60’s, Tottenham finit 9 fois devant Arsenal ! Les dix années suivantes en revanche, premier âge d’or des Gunners, sont largement à leur avantage : 8 St Totteringham’s day sont célébrés, rétablissant ainsi l’équilibre entre les ennemis londoniens. Les années 80 ne suffisent pas à trancher le débat : chacune des deux équipes finit devant l’autre à 5 reprises. À l’aube de la décennie 90, les supporters rouge et blanc ont pu, au total, fêter le St Totteringham’s day 27 fois. Ils en ont été privés à 26 reprises. Puis arrive le véritable tournant de l’histoire de cette rivalité, incarné en un homme : Arsène Wenger.

Quand il débarque en 96, Arsenal a fini le championnat devant Tottenham à 31 reprises. L’inverse s’est alors produit 28 fois. Quand il quitte l’Emirates en 2018, le score de ce duel est de 51 à 30 en faveur des Gunners*. Parmi les innombrables choses qu’aura laissées derrière lui le plus grand manager de l’histoire du club, ce joli magot que constituent les 21 St Totteringham’s Days d’avance. Un capital qu’il s’agirait de ne pas trop dilapider, et au contraire d’accroître. Depuis 2018, les Spurs ont encore un peu plus refait leur retard, finissant les deux dernières saisons devant le club dont ils ne sont pourtant que le voisin négligeable et légèrement contrariant. Une anomalie. Wenger avait érigé en tradition le fait de reléguer Tottenham au second plan. Et une tradition, ça se respecte.

*Statistiques prenant en compte uniquement les saisons durant lesquelles les deux clubs étaient en première division en même temps.

 

#Clément #COYG

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