Walcott à l’heure du reboot

Samedi 23 novembre, Emirates Stadium de Londres. Un visage connu regarde le match avec un oeil attentif sur l’un des sièges en velours Citroën que compte le banc de touche de l’enceinte londonienne. Theo Walcott est de nouveau convocable et c’est contre son ancienne équipe de Southampton que l’ailier anglais reprend plaisir à se mettre dans le bain d’un jour de match. Il entrera en jeu pour les vingt dernières minutes ce jour-là. Il n’a toujours pas été titularisé depuis mais son temps de jeu a progressé autant que ses sensations le regagnent. C’est lui qui donna le troisième but pour Ramsey samedi dernier. Avec un message derrière: Walcott est de retour.

Walcott sur un banc de touche, une image singulière. Pas pour Bendtner par contre.
Walcott sur un banc de touche, une image singulière. Pas pour Bendtner par contre.

Comment l’équipe s’est comportée en son absence
La blessure de Theo Walcott aux abdominaux a obligé Arsène Wenger à utiliser les outils qu’il avait à porter de main dans sa trousse pour compenser le côté droit de l’attaque sans créer de déséquilibres. Lors des douze derniers matchs où l’ailier anglais ne figurait pas sur la feuille de match, cinq joueurs ont ainsi été alignés par ordre d’apparitions Serge Gnabry (trois matchs), Tomas Rosicky (trois matchs), Aaron Ramsey (trois matchs), Jack Wilshere (deux matchs) et Santi Cazorla (un match). Une gymnastique tactique imposée par l’état de forme des joueurs disponibles et la préparation spécifique selon le type de match. Le Tchèque a ainsi été sollicité pour apporter son expérience contre des gros clubs (Naples, Liverpool, Dortmund) alors que le jeune espoir allemand a apporté son envie contre Stoke City ou encore Swansea. L’absence de Flamini a notamment obligé Wenger à aligner Ramsey et Arteta dans l’entrejeu, laissant ainsi la place vacante d’ailier droit à Rosicky. Ramsey a été aligné à ce poste lorsque le milieu français jouait milieu défensif.
Dans l’ensemble, l’absence de Walcott n’a pas perturbé la forme de l’équipe. Qui est d’ailleurs radieuse. Sans l’attaquant anglais, Arsenal a remporté cinq matchs sur sept en Premier League et s’impose doucement en tête du championnat (+4 points d’avance avant la 13e journée). Une dynamique s’est créée sous l’effet du tourbillon Özil qui a emporté avec lui les errances des Ramsey, Giroud, Szczesny voire Wilshere. Le club londonien joue un football apprécié, vivant et enthousiaste et le retour de Walcott signifie que l’équipe peut compter sur un banc beaucoup plus compétitif que les années passées.

Ce qu’il peut apporter
Il suffit de revoir quelques passages de la défaite à Old Trafford ou contre Chelsea en Capital One Cup pour se rendre compte des limites de la présence de milieux de terrains offensifs sur les ailes. Lorsqu’il s’agit de pratiquer un football basé sur la possession et la circulation, l’appui de joueurs habiles avec les pieds est clairement un plus. Mais que se passe t-il quand c’est l’équipe d’en face qui joue mieux et quadrille mieux le terrain ? Les espaces se réduisent, le jeu doit être plus réactif. En un mot, il faut créer de la profondeur. C’est exactement l’utilité du profil de Theo Walcott. Par son accélération et sa vitesse qui comptent parmi les meilleures d’Europe, l’attaquant anglais est l’un des rares joueur de l’effectif capable de faire la différence par ses courses. Une qualité qu’Arsenal peut mettre à profit de différentes façons: 1) le don naturel pour les passes d’un Özil, Rosicky, Arteta, Ramsey et 2) la présence aérienne et le jeu de tête d’un Giroud. Différentes manières de jouer qui visent au même résultat, la quête de profondeur et la recherche constante du mouvement vers l’avant. Et Walcott peut être le point de liaison entre tous ces axes.

Ce qu’il doit améliorer
Le dernier match de Walcott à Sunderland est un résumé à lui seul du déchet encore trop présent dans style de jeu de l’ancien joueur de Southampton. La liste ne le met pas en valeur mais elle a la qualité d’être encore modifiable. On peut y retrouver pêle-mêle: manque de lucidité devant le but (au moins quatre occasions franches gâchées), précipitation dans le dernier geste, retour défense pas très rigoureux. Bien sûr, on ne peut pas appliquer les erreurs commises dans un match pour dresser le portrait robot d’un joueur. Mais ce qu’a montré l’Anglais ce jour-là est un résumé condensée de ce que lui reprochent les supporters. De par ses jambes, Walcott possède une qualité rare qu’il n’utilise pas encore à plein régime. C’est dommage mais ce n’est pas encore dommageable. Parce qu’il est au club depuis 2006 et un membre important depuis 2009, on oublie souvent qu’il reste un jeune joueur de 24 ans. Ce qu’il veut dire qu’il peut encore faire des progrès. Cela passe par une remise en question permanente mais aussi un soutien inflexible des coéquipiers. Dans l’idéal, on aimerait juste qu’il soit plus régulier dans son repositionnement défensif pour soulager Sagna.

Sa place de titulaire est-elle menacée ?
Franchement, il faudrait que l’Anglais se savonne lui même sa planche ou qu’il décide de faire la grève pour le voir quitter le onze de départ. Son discret début de saison (un but contre Marseille en Ligue des champions) et sa blessure ont certes entraîné l’éclosion du jeune joueur qu’est Gnabry, qui s’est montré très volontaire lors des rares fois où il a été utilisé cette saison et Wilshere s’est également (re)découvert des talents sur la droite de l’attaque mais ce positionnement n’est que temporaire. Si Walcott a débuté les trois derniers matchs sur le banc, c’est avant tout parce que Wenger n’a pas jugé utile de précipiter son retour alors que l’équipe fonctionne à plein régime. Lorsque le numéro 14 de l’Emirates est en forme, il est un titulaire à part entière et sans discutions possibles au même titre qu’un Szczesny dans la cage, un Koscielny en défense ou un Arteta au milieu. Le match de ce soir contre Hull City arrive d’ailleurs à point nommé pour celui qui a longtemps associé sa prolongation de contrat (jusqu’en 2016) à un poste d’attaquant central il y a un an de cela. A lui de retrouver la forme et sa joie de jouer qui ont fait de lui le meilleur buteur du club en 2012/2013.

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Equipes probables

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Absents pour Arsenal: Sanogo (dos), Oxlade-Chamberlain, Diaby (genou), Sagna (ischio-jambiers), Podolski (reprise)
Absents pour Hull City: Aluko (talon d’Achille), McShane, Quinn (ischio-jambiers), Davies (suspendu)

Les chiffres du match

Face-à-face

  • Arsenal a gagné huit des neuf derniers matchs contre Hull (9 victoires, 1 défaite).
  • Hull City est connue comme étant la toute première équipe a réalisé un comeback victorieux à l’Emirates en septembre 2008 (victoire 2-1).
  • Les deux clubs fêtent les cent ans de leur première rencontre. C’était alors à Highbury dans une rencontre sans but.

Arsenal

  • En 2013, les Gunners ont enregistré 36 points sur 48 possibles (11 victoires, 3 nuls, 2 défaites). Cette saison, le record est établi à 15 points pris sur 18 possibles (défaite contre Aston Villa en ouverture de la saison).
  • Les hommes de Wenger n’ont pas pris de but dans quatre de leurs cinq derniers matchs de championnat. Ils n’en ont concédé qu’un seul contre Manchester (0-1) sur un coup de pied arrêté.
  • Six des treize derniers buts marqués par Arsenal ont été produits dans les dix dernières minutes.
  • Wojciech Szczesny possède le meilleur ratio arrêt/tir de Premier League cette saison (81%).
  • Mesut Özil est le joueur qui a délivré le plus d’assists en PL cette saison avec 6 passes.

Hull

  • Des 30 déplacements que Hull City a pu faire en PL, seulement dix points ont été ramenés sur un total de 90 possibles avec une seule victoire (7 nuls, 22 défaites).
  • Si les Tigers ont fait un exploit contre Liverpool, leur victoire par 3 buts à 1 n’est que la deuxième fois où plus d’un but a été marqué par l’équipe
  • En sept affrontements contre un club du top 10, les joueurs de Steve Bruce ont gagné deux matchs (Newcastle et Liverpool) pour cinq défaites.
  • Les Tigers sont invaincus lorsqu’ils ouvrent le score avec 4 victoires et un nul.

#Yannick (avec l’aide de #Ben pour l’infographie)

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