Tottenham – Arsenal : Jouez pour gagner !

Après 72 heures d’auto-flagellation, les Gunners n’ont pas le luxe de s’apitoyer sur leur sort. Le déplacement chez le rival honni ne sera pas aisé, tant sur le terrain que dans les têtes. Après le résultat médiocre face aux Wolves, les critiques sur la force mentale du groupe se font de plus en plus entendre. Oui, la Premier League est désormais dans les mains des Cityzens, mais elle reste aussi dans les nôtres.

Examen de conscience

Qu’est-ce qui a bloqué ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?

La saison dernière, l’excuse était toute trouvée. Après les blessures de Jesus et Havertz, et faute de recruter lors du mercato hivernal, Arteta était contraint de titulariser en pointe Mikel Merino. La recrue estivale n’avait encore convaincu personne, mais elle s’est muée en finisseur hors pair.

Il fallait investir dans le secteur offensif. C’est chose faite avec les arrivées de Noni Madueke, Viktor Gyökeres et Eberechi Eze. Notre attaque en est-elle devenue meilleure pour autant ? Pas sûr, le trio compte à peine 14 buts et 3 passes décisives en PL.

Face à Wolverhampton, l’avant-centre suédois a été invisible : 12 ballons touchés en 65 minutes, bien trop peu pour peser. Alors oui, les occasions n’étaient peut-être pas propices à le faire briller, mais quand même, on attend plus d’une recrue à 67 M€. Il semble être incapable de gérer des situations anodines (5 pertes de balle). Depuis le début de l’ère Arteta, nous avons loué l’agilité, la flexibilité et la polyvalence de nos joueurs : où est la sienne ? Même à un niveau moindre ?

Il n’est pas le seul coupable, une équipe reste la somme de ses individualités. Que ce soit Saka, Martinelli ou Trossard, les performances sont trop inconstantes. Madueke fait des dégâts le long de sa ligne, mais a trop de déchets dans le dernier geste.

Que dire de Gabriel Jesus et de sa saute d’humeur en fin de match ? On attend plus de sérénité de la part d’un joueur de son expérience. Cette fin de match a dû bien faire sourire nos détracteurs…

Derrière, tout n’est plus aussi rose qu’il y a quelques semaines. Sur le deuxième but encaissé, nombreux sont les coupables… Lors de la première moitié de saison, on applaudissait la résilience d’Arsenal qui arrivait à gagner même en produisant un jeu médiocre. Ce temps parait si loin. On vous recommande l’analyse d’Adrian Clarke ci-dessous.

Une question d’ambitions

Du côté des Spurs, hormis le plaisir que leur procure chaque faux pas de nos Gunners, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Après avoir licencié le seul coach à leur avoir ramené un trophée depuis 2008, recruté puis remercié Thomas Frank, Tottenham vient de nommer Igor Tudor. Le technicien croate s’est engagé jusqu’à la fin de la saison pour une mission sauvetage. Englués à la 16ème place du championnat, les Spurs ne ménageront pas leurs efforts pour parvenir à leurs fins dimanche.

Il faudra se méfier du sursaut de motivation qu’un nouvel entraîneur peut insuffler à un collectif. D’autant qu’Igor Tudor connaît bien les équipes en détresse. On peut presque le surnommer le Sam Allardyce de la Serie A tant il est intervenu sur des projets de courte durée : Udinese (à deux reprises), Vérone, la Lazio. Plus récemment, il dirigeait la Juventus de mars à octobre 2025, avant d’être remercié après huit matchs sans victoire.

« J’arrive dans ce club en connaissance de cause. Il n’y a pas de temps pour les excuses. Je le répète depuis que je suis ici : chacun d’entre nous, chaque joueur, doit donner davantage. La position du club n’est pas acceptable, ni pour nous ni pour les supporters. »

Le technicien prône un football intense, physique et agressif. Il devra surtout s’adapter rapidement aux joueurs à sa disposition. Pedro Porro et Richarlison pourraient faire leur retour dimanche, tandis que Cristian Romero purge toujours sa suspension. Dominic Solanke s’est lui entrainé avec le groupe et devrait être dans le onze.

Les objectifs des deux clubs ne pourraient être plus opposés. Pour la deuxième saison consécutive, les Spurs se battent pour éviter la relégation. Pour la quatrième saison consécutive, les Gunners poursuivent leur quête du titre de champion d’Angleterre.

Sur le plan footballistique, Arsenal semble nettement supérieur à Tottenham. Mais le véritable enjeu est mental. Lors de la conférence de presse, le coach n’a pas exclu qu’ Ødegaard et Havertz soient dans le groupe, cela dépendra de la séance d’entrainement de samedi.

Le North London Derby de dimanche ne sera pas un make or break, mais on ne peut sous-estimer l’impact psychologique du résultat. En cas de défaite, l’étiquette de losers  risque de nous coller à la peau pour longtemps et le projet Arteta serait sérieusement fragilisé. Une victoire chez le voisin, malgré sa piètre 17ème place, offrirait au contraire le regain de confiance nécessaire pour continuer à y croire jusqu’au bout. Go Gunners !

#AFC

Jonathan


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