Depuis notre dernier article daté du 31 octobre, Arsenal semble avoir redressé la barre. Les joueuses ont soufflé le chaud et le froid au mois de novembre, enchaînant de tristes contre-performances en WSL. Mais depuis qu’elles ont entamé leur calendrier de l’Avent, tout va beaucoup mieux.
En début de saison, et à la suite d’une brillante campagne européenne, les attentes étaient élevées — peut-être trop. Dans ce contexte, le classement actuel peut paraître décevant, tant certains voyaient déjà nos féminines championnes dès le mois de février. Malgré tout, les Gunners restent en embuscade à la troisième place avec 22 points. Certes, elles comptent huit longueurs de retard sur Manchester City, mais seulement deux sur Chelsea, tout en conservant un point d’avance sur Manchester United.
C’est là que les matchs nuls concédés face à Chelsea et Tottenham laissent des regrets et alimentent les inévitables « et si… ». Depuis la réception de Liverpool à Londres, Arsenal a toutefois enclenché une dynamique impressionnante : six victoires en six rencontres, onze buts inscrits et seulement deux encaissés, toutes compétitions confondues.
Étrangement, ce réveil coïncide avec la parution de deux articles dans The Athletic, mettant en lumière certaines difficultés culturelles et structurelles rencontrées par la branche féminine d’Arsenal. Depuis plusieurs années, un malaise persisterait au sein du vestiaire, où un petit groupe de joueuses exercerait une influence importante.
What’s going wrong for Arsenal’s Champions League winners? Long-time unrest in dressing room, concerns over how women’s set-up fits into club’s overall strategy + who addresses culture.
— Megan Feringa (@megan_feringa) November 26, 2025
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En début de saison, un sondage interne a été mené auprès de l’équipe. Si les résultats montrent une amélioration, plusieurs retours négatifs ont confirmé que la culture d’équipe demeure un sujet prioritaire à adresser. Aussi, le poids croissant des joueuses dans la dynamique interne serait lié à la médiatisation grandissante du football féminin. Cette influence, insuffisamment encadrée, aurait contribué à l’installation d’un climat pesant. Dans ce contexte, le vestiaire serait devenu un environnement difficile, décrit par l’une des joueuses comme « à la fois extrêmement compétitif et profondément irrespectueux ».
Un autre point d’interrogation concerne le management de Renée Slegers. Respectée pour ses compétences, notamment sa capacité à fédérer, certains estiment qu’elle manque encore d’expérience en matière de gestion humaine. Il convient de rappeler qu’Arsenal constitue sa première expérience en tant qu’entraîneuse principale.

Une frustration liée au temps de jeu de certaines joueuses est née et ne semble pas avoir été traitée comme elle aurait dû l’être. De la même manière, sur le plan du recrutement, l’absence apparente de stratégie claire contribuerait à des dynamiques internes désorganisées.
À la suite de cela, la coach a répondu en deux temps. D’abord en conférence de presse :
« Nous avons remporté la Ligue des champions, historiquement nous sommes le club le plus titré d’Angleterre. Il y a du bruit à l’extérieur, il y en aura toujours, mais à l’intérieur, nous savons ce que nous faisons. C’est un environnement de haute performance, donc nous nous exigeons beaucoup les uns des autres. »
Puis sur le terrain comme on le sait.
Le retour de Beth Mead à un niveau proche de son meilleur a transformé la dynamique offensive. Olivia Smith a gagné en confiance et apporte de la verticalité. Le retour de Kim Little au côté de Kyra Cooney-Cross a insufflé contrôle et sérénité, permettant à Mariona d’évoluer plus haut sur le terrain et d’influencer le jeu dans des zones plus dangereuses. Avant cela, elle devait couvrir les postes de numéro 6, 8 et 10 en même temps.

Si, par miracle, les joueuses parviennent à conserver leur élan, elles pourraient tirer leur épingle du jeu et, pourquoi pas, reprendre d’ici fin janvier la place de dauphin. Entre le 10 janvier et le 8 février, elles affronteront en effet leurs trois rivales directes dans l’ordre : United, Chelsea et City. Cela exigera un changement de braquet drastique. Au milieu de ce calendrier chargé, il faudra également intégrer une demi-finale de la League Cup et un match de FA Cup contre Aston Villa.
Le retour de Leah Williamson dans l’effectif devrait faire beaucoup de bien, surtout après la blessure de Katie Reid. La révélation de ce début de saison ne reverra malheureusement pas les terrains cette année, victime d’une rupture des ligaments croisés à l’entraînement. Une malédiction bien connue des Gunners, qui n’a pas épargné non plus Manuel Zinsberger, même si la gardienne n’avait pas disputé une seule minute cette saison.

À cela s’ajoute la blessure à la cuisse de Daphne Van Damselaar, laissant les cages à la gardienne allemande Aneke Borbe. Notre recrue estivale vient d’enchaîner cinq titularisations pour autant de victoires. Slegers a récemment confirmé qu’une nouvelle gardienne figurait sur la liste de souhait du mois de janvier.
La trêve internationale arrive à point nommé. Elle offrira à l’équipe l’occasion de souffler et de se recentrer. Après la rencontre face à Crystal Palace, Lotte Wubben-Moy a d’ailleurs expliqué en conférence de presse : « Je ne pense pas qu’il y ait de meilleur moment pour faire une pause. Une pause pour se ressourcer, faire le plein d’énergie, dont nous aurons sans doute besoin l’année prochaine. » Tout est dit – COYG !
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