Un match de coupe peut en cacher un autre. Après une entrée en lice réussie ce weekend face à Portsmouth en FA Cup, Arsenal retrouve cette fois-ci la Carabao Cup ce mercredi soir. Une demi-finale face au voisin londonien Chelsea, avec une finale en vue.
Une fois, pas deux
“C’était un vrai derby de Londres. C’était vraiment tendu, vous pouviez sentir dès la première minute que chaque duel, chaque action, avaient une importance capitale. Deux équipes très motivées pour gagner, mais sans réellement jouer au football”. Tels étaient les mots d’un Arteta désabusé le 30 novembre dernier, après un piètre match nul à Stamford Bridge.
Des Gunners bousculés, dominés, et ce même à 10 contre 11, qui sont passés à côté de leur match ce soir-là. Invaincu depuis 7 matchs en terre Blues, Arteta sait que ses joueurs vont devoir bomber le torse, et élever leur niveau de jeu par rapport à ce match de championnat. Une finale en vue qui doit booster la motivation des coéquipiers de Declan Rice : “Plus vous participez à ce genre de matchs, mieux c’est, car cela vous donne un coup de pouce. Cela apporte une énergie différente. Ils sentent que l’objectif est très, très proche, et c’est une motivation pour tout le monde. Nous savons donc qu’il nous reste deux matchs avant la finale.”
Pas question de prendre ce match à la légère, et sacrifier un parcours en coupe pour préserver ses forces en Premier League. Car Arsenal a aussi une revanche à prendre par rapport à la saison dernière, où les coéquipiers de William Saliba avaient brutalement chuté à ce même stade de la compétition, face à des Magpies qui en voulaient tout simplement plus, dans tous les compartiments du jeu.
Une élimination brutale, sur laquelle Arteta est revenu cet après-midi en conférence de presse : “J’espère que nous en avons tiré les leçons. La saison dernière, ce fut une expérience douloureuse, surtout vu le déroulement du match et le nombre d’occasions manquées. Mais j’espère que cette année, nous serons meilleurs et surtout plus efficace.”
Alors que les Gunners sortent d’un match raté face à Liverpool en Premier League, le coach espagnol compte bien se servir de ce premier round de Carabao Cup pour rebondir et renouer avec la victoire : “Quand on arrive à ce stade de la compétition, qu’on atteint la finale et qu’on la remporte, cela donne de l’énergie, cela renforce la compétition. Et cela donne le sentiment que chacun est très important et contribue à ce succès. Donc une fois qu’on y est, il faut faire le boulot”
Cependant, de l’eau a coulé sous les ponts depuis ce match de Stamford Bridge du 30 novembre dernier. Maresca a abdiqué face à un board lunaire, et Rosenior a quitté l’est de la France pour l’ouest de Londres. Un sacré clin d’œil, puisqu’Arteta et le nouveau coach des Blues se sont affrontés lors de la finale de FA Cup 2014, comme l’a humblement indiqué l’ancien adjoint de Guardiola : “J’ai vu quelques photos de ce match, c’est ça la beauté du football. Deux carrières très différentes, mais au final, nous nous affronterons demain à Stamford Bridge en demi-finale”.
La croix rouge
Une fois n’est pas coutume, Mikel Arteta va devoir composer avec des absents, beaucoup d’absents. En défense, Hincapié et Calafiori sont toujours out comme il l’a confirmé ce matin : “Oui, ces deux-là ne sont pas encore disponibles. Pour Hincapié on ne connaît pas encore sa date de retour. La situation évolue, mais on ne sait pas. Je pense que c’est une question de semaines, mais on ne sait pas encore exactement quand.”
Le coach espagnol a cependant surpris son monde en avançant qu’il y a un doute sur la participation de Saliba et Trossard pour ce match de Carabao Cup face à Chelsea, alors que plusieurs sources avançaient que leurs absences face à Portsmouth étaient juste une mise au repos : “Oui, ces deux-là sont incertains, car ils ne sont pas à 100%”. Vraie info ou jeu de poker menteur ? Mosquera et Dowman, blessés de longue date, sont toujours en convalescence.
Mais, il y a aussi des retours, à commencer par une vieille connaissance de Chelsea : l’international allemand Kai Havertz. Blessé depuis le premier match de championnat face à Manchester United, l’ancien attaquant des Blues a brillamment signé son retour ce weekend face à Portsmouth. Un retour qui réjouit bien sûr son coach : “Il nous a beaucoup manqué. Une année, c’est long dans le football, mais son retour est impressionnant : il est en pleine forme et très confiant. C’est un joueur tellement intelligent qu’il a tout de suite créé des liens naturels avec les autres joueurs.”
Peu de chance de le voir démarrer cependant, son retour ne doit pas être précipité : “Il faut gérer son temps de jeu, mais il a bénéficié d’une bonne séquence de 20 / 25 minutes l’autre jour. Il s’est encore très bien entraîné aujourd’hui, il s’agit maintenant de renforcer sa condition physique et de s’assurer qu’il soit disponible pour chaque match.”
Havertz rejoint donc un secteur offensif bien garni, avec à présent 3 numéros 9 pour un poste. Chose qui n’est pas arrivée depuis très certainement plusieurs années, voir plusieurs décennies, si ce n’est plusieurs siècles. Pour emmener le secteur offensif, Saka devrait faire son retour après un match mitigé de Madueke. Toujours excellent dans les 1vs1 et la percussion, le jeune ailier anglais a cependant alterné le chaud et le froid dans les autres domaines du jeu face à Portsmouth, comme l’a confirmé Arteta : “Il a été très influent sur certains points, très très positif, mais nous devons encore améliorer certains aspects en termes de régularité. Cela dit, je trouve remarquable le niveau de menace qu’il représente pour l’équipe”.
Pour le reste, le coach espagnol a les clés pour proposer une rotation de qualité : Ben White, MLS, Nørgaard ou encore Merino, l’objectif tout le monde le connaît : remporter ce trophée, qui fuit Arteta depuis sa première saison à Arsenal.
Ne pas faire l’impasse, laver l’affront de l’élimination face à Newcastle la saison dernière, et montrer que le match nul à Stamford Bridge le 30 novembre dernier n’était qu’un accident. Un premier round de demi-finale de Carabao Cup sur fond de derby de Londres, les Gunners n’ont pas le droit à l’erreur.

