Départ de Joe Montemurro: quel avenir pour l’équipe féminine ?

La nouvelle est tombée fin mars : Joe Montemurro, coach de l’équipe féminine d’Arsenal depuis 2017, quittera le navire à la fin de cette saison. L’Australien, qui a redonné un visage conquérant aux Gunners version féminine, se dirige vers un nouveau challenge. L’occasion pour nous de revenir sur son parcours à la tête de l’équipe féminine et sur les perspectives d’évolutions de l’équipe dans les années à venir.

Une arrivée emblématique

Comme nous en avons parlé dans un double article récemment, l’équipe féminine d’Arsenal possède une histoire chargée de succès. Indétrônable pendant de nombreuses années, Arsenal Women étaitt le club le plus craint de toute l’Angleterre. Cette hégémonie a cependant pris fin lorsque d’autres équipes du royaume comme Chelsea, Manchester City, Manchester United ou encore Liverpool ont décidé d’investir de manière plus importante dans leur équipe féminine. Ainsi, de 2012 à 2017, l’équipe féminine d’Arsenal ne remporte pas un seul titre de champion jusqu’à l’arrivée de Joe qui va changer radicalement le visage de l’équipe. 

Joe remporte la Coupe d’Angleterre l’année de son arrivée et il remporte le championnat l’année suivante lors de la saison 2018-2019. Il a été, c’est vrai, bien aidé par le recrutement de la superstar Vivianne Miedema mais une seule joueuse, aussi forte soit-elle, ne fait pas tout. Le coach australien a développé autour de sa joueuse phare une équipe jeune et dynamique, prête à aller au combat et à détruire littéralement ses adversaires. Il s’est appuyé sur des joueuses formées à l’Academy d’Arsenal, comme Leah Williamson, la capitaine de l’équipe. Il a également formé un trio technique composé de trois joueuses hollandaises : Van de Donk, Roord et Miedema. L’équipe de Joe a montré une palette offensive très large lors de ces trois dernières années, illustrée par des victoires fleuves comme contre Bristol l’année dernière (score de 11-1) ou encore West Ham cette année (victoire 9-1). Le top but de l’année 2020 résume à lui seul les ambitions offensives élevées de cette équipe.

Le 31 mars, Joe annonce qu’il quittera le club à la fin de la saison. Il laisse derrière lui une équipe solide et compétitive qui peut accomplir de grandes choses. Il a construit des bases solides qui permettront au prochain manager de se projeter plus facilement dans l’avenir. Toutes les joueuses actuelles ont entre 21 et 28 ans mis à part la doyenne de cette équipe Kim Little qui vient tout juste de dépasser la trentaine. Joe a su construire un lien fort avec toutes ses joueuses et nombre d’entre elles ont tenu à le remercier sur les réseaux sociaux suite à l’annonce de son départ. Il laissera derrière lui l’image d’un très bon coach, mais également d’un homme généreux et respectable. 

À l’annonce de son départ, Joe déclare : “La joie avec laquelle nous avons joué et la façon dont nous nous y sommes pris ont été pour moi la chose la plus gratifiante. Les personnes extraordinaires que j’ai rencontrées en cours de route, les choses extraordinaires que j’ai apprises en cours de route, les processus extraordinaires et les choses que nous avons mis en place ont été fantastiques, et je les chérirai pour le reste de ma vie.

Un bilan mitigé

Même s’il a mis fin à une période de disette en championnat et qu’il a apporté beaucoup de choses positives à cette équipe, le bilan final de Joe est pourtant mitigé. Sur ces quatre saisons passées au club, il n’a remporté qu’une seule coupe et qu’un seul championnat. Un bilan finalement un peu trop maigre pour une équipe d’Arsenal au prestige très élevé. Si Joe décide de partir, c’est aussi en partie à cause de son incapacité à remporter les matchs importants, notamment les confrontations avec des rivaux directs. Alors que l’équipe était toujours en course pour le titre de champion cette saison, les filles ont perdu deux matchs cruciaux en l’espace d’une semaine face aux concurrents directs Chelsea et Manchester City.

Ces deux défaites, survenues début février, ont anéanti les espoirs de titre des Gunners. Sans doute la goutte de trop pour Joe Montemurro. Il avoue dans sa déclaration que “mon départ est ce qu’il y a de mieux pour l’équipe, pour le club et aussi pour moi”. On sent à travers cette déclaration qu’il ne se sent sans doute pas capable de faire franchir le cap à cette équipe pour qu’elle redevienne la leader incontestée. Même si l’équipe de Joe a développé un formidable jeu offensif et qu’elle a toujours assuré face aux équipes dites “plus faibles”, ces défaites récurrentes face aux concurrents directs laissent un certain gout d’inachevé. 

Joe Montemurro
Joe Montemurro avec le trophée de champion

 

Et maintenant ?

Les Gunners ont connu une moitié de championnat périlleuse, mais les filles ont admirablement bien terminé le championnat. Elles ont enchainé 8 victoires consécutives en n’encaissant qu’un seul but et elles terminent le championnat sur le score de 0-0 face à Aston Villa. Ce résultat permet d’assurer aux Gunners la 3ᵉ place du championnat et ainsi de se qualifier pour la Champions League féminine. Effectivement, alors qu’auparavant seules les deux premières équipes de chaque championnat pouvaient se qualifier pour la prestigieuse compétition, une nouvelle réforme a vu le jour et permet donc aux trois premières équipes du championnat anglais, qui bénéficie d’un bon coefficient, de disputer la Ligue des Champions féminine. Joe et son équipe terminent à seulement 1 point devant Manchester United et sauve les meubles avec cette grosse fin de saison. Il ne reste plus qu’un match de coupe, qui aura lieu le 16 mai, l’occasion d’offrir un beau cadeau de départ à Joe. 

Et pour la suite alors ? Après que Joe Montemurro ait annoncé son départ au club, Vinai Venkatesham, le Chief Executive du club, a décidé également de prendre la parole afin de remercier le coach australien pour le travail réalisé et pour aborder également les perspectives d’évolution pour les prochaines saisons à venir : “Nous allons commencer le processus pour le remplacement de Joe, et nous allons commencer ce processus immédiatement. Nous allons chercher quelqu’un qui pourra construire une équipe à partir de l’illustre histoire d’Arsenal Women et de l’héritage que Joe va laisser. Je veux que cette personne nous mène vers une nouvelle ère pour le football féminin. Une ère où la popularité du jeu n’a jamais été aussi élevée et où la compétitivité dans le football féminin n’a jamais été aussi élevée, tant ici qu’au niveau international.” explique Vinai.

Edu, directeur technique du club, et Vinai, seront donc inclus pleinement dans ce nouveau processus du développement féminin. Les fondements offensifs que Joe a apportés à l’équipe ne sont qu’un début et les dirigeants sont plus que conscients de l’importance d’avoir une équipe féminine compétitive pour l’image du club. Le board va sans doute investir encore plus dans l’équipe féminine pour qu’Arsenal Women revienne dans la lutte d’un couronnement sur la scène nationale, mais aussi internationale.  Vinai prévoit “une revue complète et approfondie” de l’équipe, même si le processus est déjà “très bien entamé” selon ses dires. 

Pour ce qui est du candidat, le board a également une idée bien précise du prochain coach : “Je pense qu’en ce qui concerne le type de personne, nous voulons d’abord et avant tout engager quelqu’un dont nous sommes sûrs qu’il peut nous aider à réaliser nos ambitions sportives, nous aider à avoir le plus de succès possible sur la scène nationale – donc à concourir pour gagner le titre WSL – et quelqu’un qui peut nous aider à avoir du succès en Europe également. Nous chercherons quelqu’un qui puisse continuer à jouer le type de football que les fans d’Arsenal veulent voir jouer, et nous chercherons également quelqu’un qui respecte vraiment les valeurs du club et qui soit un ambassadeur positif d’Arsenal, tant sur le terrain qu’en dehors.”  En d’autres termes, Vinai avoue à demi-mot qu’ils sont à la recherche d’un Arteta-bis, c’est-à-dire un coach qui respecte les valeurs d’Arsenal, qui devra bien faire jouer l’équipe et qui se chargera en plus du développement de l’équipe sur le long-terme. 

On peut alors imaginer qu’un ancien joueur d’Arsenal serait totalement adapté à un poste comme celui-ci. D’anciennes légendes comme Thierry Henry ou encore Patrick Vieira ont déjà posé le pied dans des équipes masculines en tant que coach, on imagine donc mal les voir venir entrainer une équipe féminine. Ce poste semble parfait pour un jeune entraineur voulant faire ses preuves comme Freddie Ljungberg. Une multitude de profils s’offrent donc au board et nul doute que le meilleur reste à venir pour l’équipe féminine. 

#AFC #Corentin (@CorentinDvd)

 

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