MentalHealthAwarenessWeek : L’émouvant échange entre Per Mertesacker et Roman Kamp

A l’occasion de la semaine de sensibilisation à la santé mentale, Per Mertesacker s’est entretenu avec Roman Kamp, Animateur TV/radio et accessoirement fan d’Arsenal, afin d’échanger sur ce thème. Roman Kamp y partage sa douloureuse expérience dans le but de sensibiliser le plus grand monde. Arsenal French Club vous a traduit ce court entretien. 

Per Mertesacker : Roman, une question pour toi. Évidemment, j’ai parlé de gens que j’ai vu tout au long de ma carrière, en train de se débattre et qui ne s’en sortent probablement pas bien. Y a-t-il quelque chose de ton expérience que tu voudrais partager, en termes de ce que tu as vu et où tu pourrais avoir des regrets ?

Roman Kamp : Oui, je veux dire, vous le savez, mon monde c’est la musique. En tant que animateur radio, je l’ai vu toute ma vie, et j’ai vu des gens au sommet de leur art, des gens qui vivent une vie dont on ne peut que rêver. Mais pourtant, des choses comme la dépression sont encore si répandues et c’est quelque chose qui peut arriver à n’importe qui. Il y a quelques années, j’ai perdu mon meilleur ami qui s’est suicidé. Et c’est horrible. C’est quelque chose que chaque homme, malheureusement, semble traverser. Vous connaissez quelqu’un ou vous avez entendu parler de quelqu’un qui s’est suicidé. Et la façon dont vous gérez ça pour aller de l’avant est difficile. Je me rendais au travail en voiture et je voyais des panneaux d’affichage avec mon visage dessus, je souriais et j’étais heureux. Mais en fait, j’étais dans la pire phase dans laquelle je n’ai jamais été de toute ma vie. Et je n’avais même pas envie de me lever le matin.

“La partie la plus importante d’une conversation c’est : ‘Comment ça va ? Tu vas bien ?'”

Per Mertesacker : Qu’avez-vous fait ?

Roman Kamp : J’ai eu de la chance. On a eu beaucoup de chance. Ma mère a été une force motrice massive pour que je m’ouvre à mes émotions.

Per Mertesacker : Nos mères, mec !

Roman Kamp : Exactement. Mais j’avais ce noyau dur d’amis. Mon groupe d’amis principal, je suppose, sont devenus mes coéquipiers. Avec mon meilleur ami, qui s’est suicidé, j’avais ces conversations avec lui, et il était très conscient de la santé mentale et des choses comme ça. Le problème que j’ai trouvé, c’est que ce n’est pas vraiment sa responsabilité de me dire comment il se sent. Je ne devrais pas m’attendre à ce qu’il me dise “Oh, je me sens mal”. C’est à nous, en tant qu’amis, en tant que coéquipiers, de voir ces autres joueurs ou personnes et de leur dire “Vraiment, comment vas-tu ?”. Et c’est ce truc classique de demander deux fois à quelqu’un : “Ça va ?”

Per Mertesacker : Si vous êtes proche de quelqu’un, vous le sentez, vous savez, parce que les gens parfois en dépression, ils veulent se cacher, non ? Et une fois qu’ils sortent et qu’ils aiment ce qu’ils font, ils sont totalement normaux parce qu’ils sont autour de leurs amis. Mais ça peut changer si vite.

Roman Kamp : Nous devenons tellement professionnels de notre propre masque. Et nous pouvons cacher ces sentiments. Nous jugeons déjà à quel point je vais m’ouvrir. Oui, je vais m’ouvrir un peu. Je vais avoir ces conversations difficiles, mais je vais retenir quelque chose et c’est là l’important. Et ce qu’on oublie, c’est que la partie la plus importante d’une conversation c’est “Comment ça va ? Tu vas bien ?”. Mais d’habitude on dit. “Hey, comment vas-tu ? Oui, je vais bien.”. Une vraie conversation. À la fin de la conversation, encore une fois, “Vraiment comment ça va ?”. Vous apprendrez quelque chose de nouveau et cela ouvrira la porte. Et je ne sais pas ce que c’est. C’est une psyché bizarre avec nos cerveaux, mais on fonctionne comme ça. Tout d’un coup, on se rend compte de la question et on veut y répondre.”

#Ulysse #AFC