Arsenal French Club

So long Gabi!

Arrivé au club à l’été 2019, Gabriel Martinelli nous quitte finalement pour l’Arabie saoudite, pour un montant record de 70 millions d’euros. Rares sont ceux qui sont encore dans l’effectif et symbolisent autant la révolution entamée par Mikel Arteta à l’hiver 2019. Son transfert était, pour beaucoup d’entre nous, une évidence. Il laisse malgré tout un goût doux-amer.

Comme Ramsdale et Smith Rowe avant lui, il fera partie de ces joueurs qui resteront à jamais dans nos cœurs. Un comportement irréprochable malgré les remises en question, un fort appétit pour les replis défensifs et une certaine tendance à foncer tête baissée caractérisent, sans le caricaturer, notre ailier gauche. Quand il débarque à Londres après trois années passées au club d’Ituano, nul ne peut lui prédire un tel avenir. À l’époque, Emery entame sa seconde saison après une sanglante défaite en coupe d’Europe contre Chelsea. Quelques mois plus tard, changement d’entraîneur : Arteta prend les commandes et engage une remise à zéro complète du logiciel Arsenal. Avec Bukayo Saka et Emile Smith Rowe, Gabriel Martinelli symbolise le renouveau de l’institution. Il aura tout vécu, les très bas comme les très hauts.

C’est lors de la saison 2022-2023 qu’il atteint son pic. Auteur de 15 buts et 6 passes décisives en Premier League, sa valeur marchande atteint 80 millions d’euros. Avec Saka et Ødegaard, il marche sur l’eau et mène de front Arsenal dans sa première course au titre. C’est aussi au cours de cette saison que le club recrute Leandro Trossard lors du mercato hivernal. Le Belge connaît très bien le championnat anglais et va doucement se glisser du statut de super-sub à celui de titulaire en puissance.

Va s’ensuivre une longue mais saine cohabitation. La forme des deux joueurs alterne, et aucun ne ressortira vraiment au-dessus de l’autre. Trossard est plus décisif, Martinelli est plus impactant défensivement. Trossard arrive à se faufiler dans les blocs bas, Martinelli est un champion de la contre-attaque et nous rappelle le meilleur joueur du club lorsqu’il ouvre son corps vers le but et enterre le ballon dans les filets du pied droit.

Mais alors que les Gunners affirment leurs prétentions au titre, les performances du Brésilien se font moins convaincantes et ses statistiques déclinent : huit buts en 2023-2024, dix en 2024-2025. Pourtant, sa condition physique est remarquable. Gabriel Martinelli est rarement absent. Mis à part sa blessure au genou lors de la saison 2019-2020, il ne rate pas plus de six matchs par saison.

Alors, peut-être son manque d’efficacité est-il une conséquence directe de la nature des plans de jeu adverses. En effet, depuis la deuxième place surprise d’Arsenal au printemps 2023, les clubs de Premier League abordent les rencontres face aux Gunners différemment, privilégiant très souvent les blocs bas. Le Brésilien est souvent à la peine le long de sa ligne et ses efforts sont rarement récompensés. On a depuis vu Arteta investir dans d’autres approches, notamment sur les coups de pied arrêtés. Ainsi, pendant trois saisons, Trossard et Martinelli auront joué au chat et à la souris sur le couloir gauche.

Alors que le Belge est quasiment d’office titulaire en championnat la saison passée, le Brésilien se transforme en homme de coupes. Il brille notamment en Ligue des Champions et devient une pièce maîtresse de la croisade d’Arsenal, qui se terminera tristement à Budapest. Il inscrit six buts et délivre deux passes décisives en C1, ainsi que quatre buts et une passe décisive en FA Cup. Pour 1 050 minutes passées sur les terrains, cela fait une implication directe toutes les 80 minutes. Impressionnant.

Mais on le sait, Arteta est sans pitié quand il est question de polir le diamant du nord de Londres. Quand les joueurs ne progressent pas aussi rapidement que l’équipe, ils deviennent du surplus et sont donc rapidement sur le départ. Le coach basque a toujours faim et, pour atteindre le Graal, une amélioration de l’aile gauche est primordiale. Celle-ci est déjà passée par l’arrivée de Christos Tzolis et, pour le futur à court terme, il faudra sûrement compter sur Eberechi Eze.

Réputé mauvais vendeur, Arsenal brise ainsi le plafond de verre en place depuis 2017 et le transfert d’Oxlade-Chamberlain à Liverpool. On aurait souhaité à Martinelli de pouvoir rebondir dans un autre des grands championnats européens, mais, bizarrement, aucun club ne s’est manifesté. Alors que de nombreux transferts cet été laissent dubitatif, on peut s’interroger sur le manque d’intérêt pour un champion d’Angleterre au professionnalisme remarquable. Le Brésilien s’envole vers de nouveaux horizons. On gardera longtemps en mémoire ses exploits en rouge et blanc contre City, Chelsea ou Newcastle. So long, Gabi !

Jonathan

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