Villarreal – Arsenal : deux matchs pour sauver une saison

Arsenal peut sauver une partie de sa saison en allant au bout en Ligue Europa. Trois matchs pour un titre et surtout une qualification en Ligue des Champions inespérée au vu du niveau des Gunners en championnat. Pour se qualifier en finale, il faudra d’abord sortir Villarreal coaché par…Unai Emery, celui qui avait emmené Arsenal en finale de la C3 il y a deux ans. 

Une atmosphère irrespirable, une tension absolue et un arrêt pour l’histoire. En ce 25 avril 2006, Arsenal se qualifie pour sa première (et toujours unique) finale de Ligue des Champions. Alors que les Gunners s’étaient imposés 1-0 à Highbury grâce à un but de Kolo Touré, l’arbitre siffle un improbable penalty pour le sous-marin jaune, à la 90e minute du match retour. Une balle, pour envoyer les deux équipes en prolongation, que rate Riquelme. Lehmann est le héros de cette demi-finale, avant de connaître une fin tragique face au Barça quelques semaines plus tard. Cette fois, on ne parle pas de Ligue des Champions, mais de Ligue Europa. Beaucoup moins de prestige en effet, mais un match qui reste capital pour les deux formations. 

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Villarreal est un club assez modeste sur la scène européenne puisqu’ils n’ont participé que trois fois dans leur histoire à la Ligue des Champions (dont la demi-finale de 2006 pour leur première participation). Cependant, ils sont des habitués de la C3, auquelle ils ont pris part à 11 reprises depuis 2003. C’est la troisième fois qu’ils se retrouvent à ce stade de la compétition, et courent toujours après leur première finale européenne. Les confrontations entre Arsenal et le sous-marin jaune ont donc été rares. Outre la demi-finale de 2006, les deux équipes se sont affrontées lors des quarts de finale de l’édition 2008-2009. Cette fois-ci, les Gunners ont dominé l’affrontement, où ils retrouvaient leur ancien coéquipier Robert Pires. Sur ces quatre confrontations Arsenal n’a donc jamais perdu contre Villarreal. Mieux, les hommes d’Arsène Wenger n’avaient encaissé qu’un seul but face aux Espagnols. 

Les deux équipes se retrouvent donc 12 ans plus tard autour d’un point commun : Unai Emery. Après une saison et demie compliquée entre 2018 et 2019, il n’a pas réussi la lourde tâche d’assurer l’après-Wenger. Le technicien espagnol qui avait quand même réussi à emmener Arsenal en finale de Ligue Europa, notamment après des qualifications exemplaires face à Naples et Valence. La réalité du terrain avait finalement ramené les Gunners à la réalité lors de la défaite face à Chelsea pour le sacre (1-4). Emery, critiqué outre-Manche pour son style de jeu jugé parfois incompréhensible et ses “Good Ebening” a répétition n’a jamais vraiment réussi à s’imposer à Londres, malgré quelques matchs références face à Tottenham (4-2) ou encore Leicester (3-1). 

À Villarreal, le coach Basque et son équipe réalisent plutôt une bonne saison. En plus de cette demi de C3, ils sont toujours dans la course au top 5. Benjamin, rédacteur pour FuriaLiga , explique : “Le bilan de la première saison d’Emery est satisfaisant. L’équipe est au niveau attendu, fait le travail en championnat, a des résultats en Europe et surtout ça tourne plutôt pas mal dans le jeu.” En Europe justement, le sous-marin jaune s’est montré intraitable et reste la dernière équipe invaincue de la compétition. Solides et presque jamais inquiétés, ils ont respectivement sorti Salzbourg, le Dynamo Kiev et enfin le Dinamo Zagreb pour se hisser dans le dernier carré. Un parcours finalement assez similaire à celui d’Arsenal en termes de niveau des adversaires.

Mais à l’aube de cette demi-finale, une statistique prend le pas sur toutes les autres. Sur ces cinq dernières participation à la Ligue Europa en tant que coach (en comptant cette année), Unai Emery n’a jamais été éliminé en confrontations aller-retour. Avant sa finale avec Arsenal en 2019, le coach basque avait remporté trois fois consécutivement la C3 avec Séville (2014, 2015 et 2016). Sa dernière élimination dans la compétition remonte donc à 2012, à l’époque avec Valence. Un surnom de “monsieur Ligue Europa” qui lui colle à la peau, d’autant que ses deux éliminations en C1 en 8èmes avec le PSG ont confirmé le fait qu’il n’arrivait pas à briser le plafond de verre entre la C3 et la C1. 

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Pas rancunier, il est revenu sur son passage à Londres : “Je garde de très bons souvenirs de mon année et quatre ou cinq mois à Arsenal. Nous avons vécu de grands moments ensemble sur le terrain, comme cette campagne en Europa League et cette finale contre Chelsea, mais aussi dans la vie de tous les jours, à l’entraînement.” Il a également parlé de son successeur et compatriote : “(Mikel) Arteta est en train de mettre sa patte sur ce qu’il se passe, sur le style de jeu. Il n’y a pas à dire, il ramène à Arsenal cette tradition de jouer un football attrayant.” L’élève de Pep Guardiola qui lui a rendu la pareille en conférence de presse ce mercredi : “Je lui ai parlé avant de prendre la relève au club et il m’a vraiment aidé. Il était très sincère et ouvert. J’en reconnaissant.”

Moreno-Parejo : l’axe du mal 

Si l’on revient au jeu, Villarreal dispose d’une colonne vertébrale très solide, comme l’explique Benjamin : “l’équipe très équilibrée, cohérente, avec de la profondeur de banc, de la variété dans les profils et surtout des joueurs excellents à chaque ligne : Asenjo, Pau Torres, Trigueros ou Parejo et Gerard Moreno.” Cette solide base espagnole est portée par ce dernier sur le front offensif. À 29 ans, Moreno réalise la saison la plus aboutie de sa carrière avec 26 buts et 7 passes décisives en 33 matchs de Liga et de C3. Et pour l’empêcher de recevoir des ballons, il faudra aussi empêcher Daniel Parejo de jouer avec trop de liberté. Benjamin explique que “la capacité d’Arsenal à bloquer Parejo et Gérard Moreno sera déterminante. S’ils sont en forme et avec du temps, ce sera très dur.” Sur les cinq derniers matchs ou Moreno n’a ni marqué, ni distribué de passe décisive, Villarreal a toujours perdu.

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Les Gunners retrouveront un ancien de la maison, Francis Coquelin (160 matchs entre 2008 et 2018). Souvent blessé cette saison, il pourrait laisser sa place de titulaire à Etienne Capoue, mais jouera au minimum quelques minutes. Passé de Valence à Villarreal dans la valise de Daniel Parejo, le Français semble enfin s’épanouir en tant que titulaire dans une formation à sa hauteur. 

Alors, comment faire trembler cette équipe de Villarreal ? Défensivement, si Pau Torres fait parler de lui partout en Europe pour un éventuel transfert, il est associé au vieillissant Raul Albiol (35 ans) qui n’a plus ses jambes d’antan. En l’occurrence, la vitesse de nos joueurs offensifs pourrait nous permettre de nous créer des opportunités dans le dos des défenseurs du sous-marin jaune. Idem pour les latéraux (Foyth et Albert Moreno) qui sont des joueurs bousculables par nos ailiers. Villarreal a toujours concédé au moins un but sur ses cinq derniers matchs et marquer à l’extérieur sera capital pour espérer voir la finale.

Du côté des hommes d’Arteta, on peut se féliciter du travail de Bruno Mazziotti et des siens puisque Lacazette, Odegaard, David Luiz et surtout Kieran Tierney sont dans le groupe pour le match de demain. Des atouts majeurs qui, même s’ils ne sont que remplaçant à l’aller, seront en forme pour débuter au retour. Autre bonne nouvelle, le retour d’Auba. Remis de sa malaria attrapée en sélection, le Gabonais sera également de retour. On espère qu’il réitèrera sa prestation d’il y a deux ans face à Valence. L’infirmerie est donc vidée, et les Gunners en auront besoin pour réaliser une grosse fin de saison. Les nouvelles désillusions face à Fulham et Everton ont confirmé le fait que le Salut de cette saison ne pourrait passer que par la Ligue Europa. 

Cette double-confrontation face à Villarreal est donc capitale pour espérer voir la finale à Gdansk le 26 mai, mais surtout croire à l’Europe encore l’année prochaine. Désormais hors de course en championnat, la C3 est donc le dernier moyen de viser une compétition continentale la saison suivante, qui plus est la Ligue des Champions. Sinon, les Gunners vivront une saison sans Europe pour la première fois depuis… 1996, soit la date d’arrivée d’Arsène Wenger au club. Messieurs, à vous de perpétuer cette tradition. 

Antoine Judit #AFC

 

 

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