The Arsenal, un collectif qui arrive à maturité ?

Les deux dernières fins de saison ont été cruelles pour nos Gunners. Elles ont aussi permis de poser des fondations solides. Louper de si peu la qualification pour la Ligue des champions en 2022, puis se faire ravir la première place du classement en 2023, ont été des apprentissages douloureux mais nécessaires. L’an dernier, toute la planète Premier League était prise au dépourvue face aux résultats d’Arsenal. Cette année, pas de place à l’erreur, tout le monde attend les artificiers.

Invaincu et en tête du classement sans briller

Les avis sur les performances du club en ce début d’exercice sont divers et variés. Beaucoup reprochent au coach ses expérimentations, telle la défense à trois, laissant Gabriel sur le banc. Elle n’a pas fait long feu. Celle qui est toujours d’actualité, c’est le placement de Raya en haut de la hiérarchie des gardiens.

Le public a le droit de se poser des questions. En effet, malgré les sorties médiatiques protectrices du coach Basque, David Raya peine à convaincre. Encore contre Chelsea samedi dernier, il aurait pu mieux faire. Le but de Mudryk est peut-être chanceux, celui-ci cherchant à centrer, mais le portier est quand même bien avancé sur sa ligne. Quelques minutes plus tard, le gardien frôle la correctionnelle, en relançant mollement dans les pieds de Cole Palmer. Sur cette action, le portier espagnol s’en tire bien.

Arsenal

Néanmoins, après neuf journées, les Gunners sont dans le top 3, toujours invaincus. Ils ont déjà joué quelques poids lourds, avec des victoires de prestige face aux clubs mancuniens.

Une approche plus pragmatique

Il semble que la philosophie du coach ait changé. Arsenal jouait un jeu rapide et porté vers l’avant, peu importe l’adversaire. Cela nous a très souvent régalé. En revanche, face à une équipe plus coriace comme City, le rendu est épouvantable. Entre janvier et mai 2023, les deux équipes se sont affrontées à trois reprises. Le résultat était sans appel : trois défaites, huit buts encaissés pour deux marqués.

Cette année, Arteta change son fusil d’épaule. Contre les Citizens, il garde son bloc bien en place et ne se dévoile pas, quitte à ce que le match flirte avec la somnolence. Comme le dit Didier Deschamps, seul le résultat compte. Après avoir fait bloc pendant 86 minutes et réussi à annihiler complètement le rendement d’Erling Haaland, Martinelli délivre finalement l’Emirates. Alors oui ce n’est pas très beau, mais ça fonctionne et ça ramène trois points.

Discipline et sérénité

Pendant la saison 2019-2020, Arsenal a totalisé 86 cartons jaunes et cinq rouges. Nous sommes alors habitués aux coups de sang de Xhaka et Guendouzi, ou aux exploits défensifs de notre charnière. On se souvient de la « spéciale David Luiz » en février 2021, quand il écope d’un carton rouge et d’un pénalty contre les Wolves, précipitant notre défaite.

L’an dernier, le nombre de jaunes est tombé à 52 et aucune expulsion. L’évolution est frappante. On ressent aujourd’hui une certaine sérénité en phase défensive, les Gunners ont une capacité de récupération fulgurante. Une perte de balle ? Pas de panique ! Declan Rice fond sur le porteur et la reprend avec une telle douceur, que même l’arbitre n’en croit pas ses yeux. Les gabarits de Gabriel et Saliba font souvent la différence, les compères culminant à 1m90. De plus, le Français fait preuve d’une sublime vista. Son repli défensif face à City, pour bloquer la contre-attaque d’Haaland, a été visionné en boucle par les supporters du club. Amy Lawrence, journaliste pour The Athletic, y a même consacré un article, « The Bounce ».

Cela n’empêche pas les erreurs et d’être menés au score. Mais les joueurs arrivent maintenant à garder leur sang-froid et à se remobiliser pour changer le cours du jeu.

Les nouveaux spécialistes du Fergie time

Après l’égalisation de Trossard contre Chelsea samedi, tous les spectateurs (au stade ou devant leur écran) se sont soudain redressés sur leur siège. Personne ne le dit alors à haute voix, mais tout le monde y croit. Depuis le mois de mars, Arsenal nous habitue mal.

On ne va pas revenir une énième fois sur le match contre Bournemouth. Cependant, notre ultime confrontation contre United nous a démontré qu’il ne fallait jamais lacher. Tant que l’arbitre n’a pas sifflé, nos joueurs peuvent retourner la situation. Il est vrai qu’on ne repart de Stamford Bridge qu’avec un point, mais à la 76ème nous perdions 2-0. En six petites minutes, la donne a complètement changé. Alors oui, de façon générale, il faut tuer le match plus tôt. Mais pour une équipe qui veut se battre pour le titre, une telle mentalité est cruciale.

L’année dernière, l’équipe était partie sur les chapeaux de roue, dans l’insouciance, cavalant en tête du classement jusqu’au printemps avant de lâcher prise. Cette saison s’apparente à une partie d’échecs, on sent le collectif plus mature, plus calculateur. Arteta va jongler en fonction de l’adversaire. Il y aura des matchs débridés, où l’on joue à mille à l’heure, et d’autres où l’on attendra patiemment notre heure. En attendant, « let’s trust the process ».

#AFC

Jonathan


Publié

dans

par